Les langues du monde ont toutes une seule origine : le sumérien et l’akkadien


Notre histoire est commune mais également l’origine de nos langues. En Mésopotamie, la région située entre le Tigre et l’Euphrate a été le centre du développement de nos civilisations. C’est dans cette région qu’on voit apparaître l’écriture la plus vieille du monde, à savoir l’écriture cunéiforme (nom dérivé du latin cuneus qui signifie « coins », voir ci-dessous). Cette écriture est la retranscription de 2 langues très anciennes : le sumérien et l’akkadien. Elle a évolué au départ de pictogrammes (dessins) et a finalement abouti à une structure qui peut faire penser à des clous.

Tablette du Louvre AO3760

Tablette du Louvre AO3760, source : wikipedia

La caractéristique principale de l’écriture cunéiforme est d’être composée d’un ensemble de syllabes (environ 30000). Cet ensemble comprend des particules akkadiennes et sumériennes qu’on peut regrouper dans le « syllabaire suméro-akkadien ». En associant entre elles ces syllabes on forme de nouveaux mots. Voici quelques exemples : Enki (dieu mésopotamien créateur des humains) : EN + KI = « Seigneur de la Terre », Enlil : (dieu principal de Sumer) : EN + LIL = « Seigneur du souffle », Elohim (un des noms de dieu dans l’ancien Testament de la Bible) : EL-U-HIM = « Les puissants élevés qui ont mélangé l’argile ». Dans ce dernier exemple, on voit que le O est remplacé par un U, en effet le O n’existe pas encore à l’époque et on peut considérer qu’il dérive du u.

Contrairement aux apparences, l’écriture cunéiforme n’est pas complexe dans sa construction mais uniquement par le très grand nombre de syllabes et d’écritures spécifiques à chaque syllabe. En effet il existe un très grand nombre de particules qui se prononcent de la même manière mais qui ont des significations différentes. Comme je vous l’ai dit dit plus haut, les langues de bases ont été le sumérien et l’akkadien (les plus vieilles langues de l’humanité). Toutes les langues originaires du Moyen-Orient (les langues sémitiques, cf le schéma ci-dessous) dérivent d’elles. Elles furent retranscrites en écriture cunéiforme ou dans des alphabets qui dérivent de cette écriture. Les langues sémitiques sont toutes apparentées entre elles.

langues sémitiques, origine des langues du monde

De nombreux peuples ou cités du Moyent-Orient vont utiliser l’écriture cunéiforme : les Hittites vont l’adopter pour leur langue (ayant habité la Turquie actuelle), les Urartéens également (Asie mineure orientale et sud du Caucase). Ugarit est une cité en actuelle Syrie. Les archéologues vont y retrouver de très nombreuses tablettes en terre cuite écrites en cunéiforme. On rencontre cette écriture également chez les Elamites, chez les anciens Perses et finalement dans tout le Moyen-orient…

Un des derniers peuples à avoir utilisé l’écriture cunéiforme fut les Perses.  Cette écriture va tomber dans l’oubli avec le développement de l’alphabet et de la langue araméenne, langue administrative de l’Empire perse. Le peuple à l’origine de cette langue (les Araméens) s’est installé en Phénitie (Syrie actuelle) après l’effondrement des Hittites. Bien qu’ils n’ont jamais eu d’Empire unifié, leur langue va être une référence pour l’Empire perse. Elle deviendra la langue officielle des Juifs. Ceux-ci vont d’ailleurs parler hébreux mais écrire en araméen. Par la suite, cette écriture va être supplantée par le grec (conquête d’Alexandre le Grand) et par l’Arabe (au 7ème siècle par les conquêtes arabes).

Manuscrits de la mer Morte

Fragment d'un des Manuscrits de la mer Morte écrit en araméen et découvert en Cisjordanie près du site de Qurman entre 1946 et 1956. Source http://www.larousse.fr/encyclopédie

Une très grande partie des écritures a été adaptée à partir de l’écriture phénitienne, elle-même dérivée de l’alphabet ougaritique et de l’alphabet proto-sinaïtique (découverte dans la région du Sinaï). L’alphabet phénicien est l’ancêtre de quasi tous les systèmes alphabétiques du monde. Il est à l’origine du l’alphabet grec tout comme l’alphabet araméen. La majorité des lettres grecques transcrivaient approximativement les mêmes sons que les lettres phéniciennes. Cet alphabet grec est le premier a avoir inventé les voyelles et il se répandra grâce aux conquêtes d’Alexandre le Grand. L’alphabet latin est adapté de l’alphabet étrusque qui dérive lui-même de l’alphabet grec.

Les langues et écritures égyptienne, maya, chinoise (et encore beaucoup d’autres) donnent l’impression d’être complètement différentes par rapport aux autres langues du monde, pourtant elles présentent la même grande caractéristique que le sumérien et l’akkadien : chaque mot est composé d’une association de syllabes entre elles. Les écritures associées à ces langues présentent ce grand principe et elles vont innover par les très nombreux pictogrammes qui seront inventés et qui permettront à ces langues de devenir une référence pour leur civilisation. En ce qui concerne l’égyptien, de nombreux mots hébreux rencontrés dans la Bible en sont directement dérivés. Ceci n’est finalement pas étonnant quand on sait que les hébreux étaient à la base des Egyptiens. En étudiant l’origine des langues du monde, on ne peut pas nier que toutes les langues proviennent d’une seule région du monde : le Moyen-Orient.

Les croyances du monde sont liées entre elles et elles se sont propagées dans le monde d’une manière étroitement liée avec le développement des langues et des écritures. La Moyen-Orient a vu naître l’akkadien et le sumérien et également les tous premiers alphabets du monde. La connaissance du syllabaire suméro-akkadien et des écritures anciennes a tout son intérêt dans la traduction des plus vieux mythes fondateurs du monde. Une très grande partie des plus anciennes langues du monde peuvent être décomposées à l’aide de ce syllabaire. Il permet de retrouver toute une série de sens cachés à des mots et des noms propres. Les scribes de la Bible ont été de grands stratèges pour l’élaboration de nouveaux prénoms à partir notamment de personnages originaires d’Egypte. L’étude de la construction des langues et de leur évolution peut nous donner de riches informations quant à notre histoire commune…

6 commentaires

  1. Diene THIAONo Gravatar dit :

    C’est un titre très intéressant, mais que signifie SUMER ou KALAM? En effet SU-MER veut dire en wolof « celui de Mer » et son correspondant en sérère est KA-LAM ou KA-RAM. MAR est le véritable nom de Marduk car Dugu, Deku, Ndugu, Dugu veut dire en deumeure en sérère ou wolof. MAR-DUKU est la demeure de MAR. Il est représenté par le bélier qui se dit en sérère MBAAL d’ou son titre. les mots MAR (en peul), MER (en sérère) et MIN (en wolof) signifie « aimé » ou « etre apprivoisé ». Le ciel se dit en sérère El d’ou le dieu du ciel EL ou Il. Wuro est le mot peul pour designer un village alors Hur est une vallée en wolof ou sérère. Ka-na-an signifie en sérère ceux de An donc on comprend mieux pourquoi Abram quitte Hur pour aller joindre Canaan. Le symbole de Ra est le scarabée qui se dit en sérère Burur qui décomposé donne BUR-UR signifiant ainsi le Souverain d’UR. Jusqu’à aujourd’hui le souverain ou le présiident du sénégal est titré BUR et le souverain des sérères est BURSINE. Pour plus d’informations visitez ce lien: http://www.ilv-edition.com/librairie/parodie_de_lhistoire_legypte_revelee.html

  2. Hugo AquinoNo Gravatar dit :

    En ce qui concerne les langues amérindiennes, la ressemblance avec le japonais est remarquable pour le groupe linguistique ARAWAK…ARA étant le jour, la clarté du ciel,cela pourrait être aussi un autel, mais si l’on prononce le second A avec prononciation nasale tout change: A-Râ est en relation avec des choses que l’on va faire dans l’immédiat. Le sufixe WA signifie « venant de ».. le mot jaguar contiene la même syllabe. D’après de que j’ai ouï dire, il y a des inscriptions sémitiques sur des rochers en Amazonie qui seraient très anciennes quoique les indiens actuels n’ont pas d’écriture.Amá=la pluie…ressemblense avec le nom de la déesse japonaise de la pluie: Amaterasu…et ainsi de suite…Yokohama…Lieu qui arrête la pluie…Ama-soró-namó…Il pleut à verse plus loin…

  3. BIGOT JeanNo Gravatar dit :

    Bonsoir

    J’étudie en ce moment le sumérien, c’est une langue qui n’est apparentée à aucune autre langue terrestre.
    Lisez les chroniques du Girku d’Anton Parks et vous comprendrez tout.
    Allez aussi sur son site : annton parks.com

    Sachez que le sumérien dérive de la langue gina’bul.
    J’ai déjà étudié : sanskrit, chinois, nahuatl.
    Je parle couramment l’anglais, l’allemand et l’italien
    J’ai étudié dans ma scolarité le latin et le grec.
    J’en suis à ma 21 ème année d’Arabe classique et suis professeur d’hébreu biblique en même temps que pharmacien.
    Bref, je suis passionné par toutes les langues et cela me dévore, ech okhla comme dit l’hébreu, un feu dévorant.
    Laïla saïda, erev tov ou laïla tova, buenas noches, gute Nacht, good night, en corse on dit : bona notte
    A+ se dit en hébreu : léhitra’ot.
    Apprenez le plus de langues possibles, cela évite l’atrophie du cerveau !!!

    • MythesreligionsNo Gravatar dit :

      Bonsoir,

      en effet il y a tant à apprendre des langues malheureusement on a qu’une seule vie à la fois ! Je suis impressionné par votre bagage linguistique. Merci pour votre message,

      Mickael

    • kenNo Gravatar dit :

      Qui pourrait m’expliquer le sens de ceci  » je sais pas exactement comment ca s’ecrit mais phonetiquement ca donne
       » Ank aer tum, saèk » ou  » anq ayèr toum sayèk »
      aider moi s’il vous plait

  4. Dr N. KEDDARNo Gravatar dit :

    Les Langues: Une seule origine

    Dans une nouvelle publication (« Les Langues: Une Seule origine », Editions « El Maarifa » (Algérie)), le voile a été levé sur l’existence d’une langue originelle, souche de toutes les langues et dialectes parlées de par le monde. Cette langue-mère, insoupçonnée jusqu’à maintenant, possède comme domaine de définition les lettres alphabétiques, autrement appelées ici les phonèmes A, B, C, .. Z, et rien, rien, … d’autres. Ces phonèmes, ensemble avec les voyelles fondamentales (a, o, i, ‘) représentent la condition nécessaire et suffisante de l’existence d’une Langue Fondamentale.

    Cette langue, qui est dotée de ses propres pronoms, noms et verbes, est la langue souche de toutes les langues parlées de par le monde, autrement dit la langue originelle d’où sont issues toutes les langues et tous les dialectes. Cette langue baptisée par nous ‘La Langue Fondamentale Universelle (LFU)’ dans notre livre « Les langues : une Seule origine », est l’étymologie de toutes les langues et de toutes étymologies.

    Contrairement à l’idée généralement admise qui considère que les lettres alphabétiques sont des lettres abstraites ou des coquilles vides, les lettres alphabétiques en nombre de vingt huit (28) et les voyelles fondamentales en nombre de quatre (4) (a, o, i, ’), sont d’une importance autre que celle qu’on leurs assigne traditionnellement.

    En effet, chaque lettre de l’alphabet, ou phonème, comporte en elle-même une signification précise et unique. En d’autres termes, comparativement à ce que les linguistes on l’habitude d’attribuer à un mot, toute lettre de l’alphabet fondamental est dotée d’un sens et d’un rôle unique qui est le « signifié ». Ce « signifié », immuable et constant, est de manière spécifique, soit un verbe, soit un attribut, soit un pronom.

    Les phonèmes, contrairement au vide sémantique qu’on leurs assigne généralement, possèdent une nature et un comportement insoupçonnés ou ignorés jusqu’à maintenant. Nos ancêtres très lointains, inconnus de nous tous, qui n’ont rien légué comme écrit, avaient sûrement connaissance de cette magie contenue dans les sons. Ne possédant point la sophistication dans l’expression dont nous jouissons de nos jours, ils savaient certainement qu’ils se les partageaient avec tout le monde. Ces phonèmes étaient, comme ils le sont de nos jours, les véhicules primaires du langage de tous les peuples.

    Il n’est point difficile d’imaginer que les « signifiés » originaux que nos ancêtres associaient aux sons alphabétiques étaient autonomes et dénués de tout concept : nos ancêtres, ne possédant pas la maîtrise des mots ou des concepts, tout naturellement, pour se faire comprendre, n’avaient besoin que des phonèmes qu’ils épelaient l’un après l’autre. On en rencontre encore des exemples dans le parler maghrébin, comme dans l’expression : « أَ رَ لِ » (A Ra Li) qui est une suite de sons (phonèmes) détachés qui veulent dire étymologiquement, à peu près, « Celui-là (ou cet objet), faites-le parcourir et reliez-le à moi », et dont l’interprétation qu’en en fait couramment est : « Donnes le/la moi ! ». De manière similaire, l’expression anglaise « O ye O ye », encore en utilisation au Parlement britannique, n’est autre que la répétition de deux phonèmes « O » et « Ya ». On la retrouve en langue espagnole sous la forme de « O ye como va », dont presque tout le monde connaît le sens, qui est aussi une suite de phonèmes : « O, Ya, Ko, Mo, Fa ». En somme, bien que nous soyons tous capables de construire des vocabulaires très sophistiqués, nous continuons d’utiliser de très vieilles expressions élaborées par nos ancêtres très lointains qui étaient, probablement, très proches des premiers Homo Sapiens. Cette affirmation vous paraitra un peu précipitée, mais en fait elle fait partie d’un nouveau discours, d’une nouvelle science, avec de nouvelles règles, basée sur les phonèmes fondamentaux.

    Il est d’une évidence, nous paraît-il, indiscutable qu’aux temps préhistoriques, nos ancêtres, Homo Sapiens ou leurs ancêtres, maîtrisaient très bien le langage basé sur la phonétique des phonèmes qu’ils manipulaient si bien. Pour communiquer, ils n’avaient pas besoin d’utiliser des mots concepts comme on le fait, instinctivement, de nos jours. L’évidence de cette façon de communiquer apparaît souvent sous forme d’interjections prononcées à la manière du langage morse. C’est ce qu’on découvre de manière récurrente dans le bagage linguistique des trois langues témoins étudiées ici, langues que nous maîtrisons le mieux, le français, l’anglais et l’arabe.

    Le mot est sémantiquement une phrase

    A l’image du tableau des éléments de la matière conçu par l’éminent savant Mendeleïev, portant le même nom, qui sert à classifier et à catégoriser les atomes suivant leurs propriétés communes, les phonèmes peuvent être aussi classifiés suivant leurs attributs, le rôle qu’ils jouent en solo ou en interactif avec d’autres phonèmes au niveau du mot qui les groupe. En guise de comparaison, les phonèmes de la langue naturelle jouent un rôle similaire à celui des atomes, dans un ensemble qui ressemble à celui d’une molécule : le mot.

    Les phonèmes jouent un rôle primordial sur le plan de la sémantique en tant que porteurs génitifs de celle-ci. Ils donnent naissance aux mots, aux concepts et, par suite, à une langue bien constituée. Ils se comportent comme de véritables noms et verbes d’une Langue Fondamentale Universelle. Le miracle de l’universalisme du phonème est que, quelque soit son emplacement dans le mot, le phonème possède un signifié de valeur immuable et intègre. Tout comme les atomes dans les molécules d’acides ou d’alcools où les atomes d’hydrogène, de carbone et d’oxygène conservent leurs natures quelques soient leurs emplacements, les phonèmes sont les éléments constitutifs de signifiés constants, seuls et uniques pourvoyeurs de signification aux mots. Il s’ensuit que, quelque soit la langue utilisée – l’arabe, le français ou l’anglais, les mots obtenus sont toujours constitués intrinsèquement d’une série de verbes/noms ou d’un mixe de verbes/noms et de pronoms où l’ensemble cohabite parfaitement pour constituer une phrase cohérente et complète. Cela va sans dire que tous les mots qui ont été pris comme exemples , quelque soit la langue considérée, l’arabe, le français ou l’anglais, ont été systématiquement traduits par de longues phrases exhibant une homogénéité parfaite sur les plans phonétique, lexical et sémantique. Ainsi, le mot est simplement la juxtaposition de deux, de trois, de quatre ou de plus de phonèmes et d’anti-phonèmes (phonème suivi de la voyelle i). Il est même d’usage courant que certains mots soient parfois constitués d’un seul phonème ou d’un seul anti-phonème, comme le phonème « a », en anglais, qui correspond à « un », l’anti-phonème « y » en français, et l’anti-phonème « قِ » en arabe – verbe « protéger », conjugué à l’impératif.

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