Le poème d’Erra

Une des plus belles et des plus riches épopées mésopotamiennes est le poème d’Erra (également appelé le poème d’Irra). La découverte de ce poème datant du 1er millénaire avant Jésus-Christ a été exposée pour la première fois par G. Smith en 1875. Aujourd’hui, les fragments dépassent la cinquantaine. Par les recoupements de ces fragments, nous avons pu reconstruire ce texte qui devait comporter dans son intégralité 700 vers répartis sur 5 tablettes. Cet article se base en grande partie sur la traduction  de Jean Bottéro et de Samuel Kramer que l’on retrouve dans un livre de référence que je conseille très vivement : « Lorsque les dieux faisaient l’homme ». J’ai décidé de vous transmettre ici un résumé de cette histoire agrémentée de commentaires. Le poème d’Erra est déroutant pour beaucoup d’aspects, et mérite qu’on s’y attarde…

Comme son nom l’indique, ce poème se concentre sur le dieu Erra, un dieu guerrier. Il vante ses exploits guerriers et ses relations destructrices à l’encontre de l’humanité et des dieux. Au début du récit, le dieu du ciel An arrête les destins de 7 dieux qu’on nomme « les Sept ». Si le tapage des habitants du monde lui semble pénible, An invite Erra à les utiliser dans son armée pour massacrer les hommes et les animaux. Nous retrouvons ici une raison apparentée à celle qui a provoqué le Déluge. Les Sept tentent de faire sortir Erra de son lit, qui préfère rester allongé à faire l’amour avec sa femme Mammi. Ils l’incitent à la haine, à la gloire et au respect que la guerre peut accorder. Ils font remarquer que le surplus d’animaux est néfaste pour la terre arable. Les bergers l’implorent pour le bétail qui est abattu par des lions et des loups. Après avoir entendu la requête des Sept, Erra décide de partir en guerre.

Išum, son capitaine, tente de le raisonner afin de l’empêcher de faire du mal contre les dieux, de saccager le pays et d’anéantir les populations. Erra invoque le fait que les hommes le méprisent, alors que tous les dieux redoutent sa bellicosité. Comme les ordres de Marduk (le roi des dieux) ne sont pas respectés, Erra se rend en l’Esagil (le palais de l’univers) pour enflammer la colère de Marduk et l’éloigner de sa résidence. Son argumentation s’oriente autour de « sa précieuse image » qui a sa surface encrassée la privant ainsi de son éclat.

Marduk refuse de quitter sa demeure pour plusieurs raisons :

- pour l’avoir déjà fait auparavant, il a provoqué le Déluge occasionnant ainsi une baisse de la production, de la croissance des êtres vivants. Il a dû se charger en personne du réensemencement des êtres vivants et de la reconstruction de son temple pour s’y réinstaller.
- s’il quitte sa demeure, les Anunnaki vont monter des enfers abattre les vivants et qui les repoussera avant que Marduk puisse reprendre ses armes
- à la suite du déluge, sa précieuse image avait son aspect terni. Il est difficile de retrouver les techniciens survivants du Déluge qui ont contribué à la redorer. De plus, les matériaux tels que le bois, l’ambre-jaune, le saphir, les gemmes nécessaires à l’opération sont difficilement disponibles. Finalement Erra parvient à convaincre Marduk. Il lui garantit une bonne gouvernance en son absence et termine son discours par des propos délectables aux oreilles de Marduk : « Et même, dans ce temple, quand tu le réintégreras, Prince Marduk, à gauche et à droite de ta porte, je ferai se tenir accroupir, comme des bœufs, Anu et Enlil ». Cette phrase à elle seule confirme qu’Erra et Marduk sont alliés et opposés à ces 2 divinités.

Une fois accepté la demande d’Erra, Marduk se dirige vers la demeure des Anunnaki. Les mauvais-vents se lèvent et le ciel s’obscurcit causant ainsi la fuite des Igigi au ciel et celle des Annunaki au fond de l’enfer. Nous sommes face probablement à un chaos provoqué par Marduk qui a quitté sa demeure. Les lignes qui suivent sont malheureusement perdues et concernent la restauration de la précieuse-image de Marduk. Dans la suite du récit non détériorée, Erra se décide à partir en campagne afin de ruiner le pays, et tous ses habitants jusqu’au dernier. Il déclare notamment :

- déclencher des hostilités d’une cité à l’autre
- faire dévaler les bêtes de la montagne pour qu’elles saccagent les rues
- introduire un porte-malheur dans le temple des dieux
- pervertir le discours des hommes engendrant ainsi des blasphèmes,
- chasser les travailleurs des campagnes…
En résumé, il décide d’introduire le chaos généralisé dans le pays.

A la vue du sang versé, Enlil a quitté sa résidence sans vouloir y rentrer. Il a juré de ne plus jamais réintégrer l’Ékur (Son temple sacré à Nippur) par dégoût du sang versé. Išum, tente de comprendre pourquoi Erra agit contre les dieux et les hommes. Erra lui rétorque en le rabaissant que le roi des dieux a délaissé son siège et sa couronne, relâchant ainsi la ceinture des dieux et des hommes. Išum semble flatter Erra en rappelant sa suprématie sur la terre, en précisant qui dispose de Šuanna (Babylone) et qu’il commande en l’Esagil. An l’écoute et même Enlil l’obéït. Il précise qu’il a modifié ses apparences divines pour introduire Babylone. Il a provoqué le trouble chez les Babyloniens qui ont commencé à se rebeller et à incendier les édifices sacrés, tandis que l’Imgur-Enlil criait pitié. Ceci était destiné à pousser le capitaine de son armée Išum au pire. En effet, Erra suite à cette ruse, déclare dès lors que les habitants de Babylone ne respectaient aucun dieu. Le texte précise que sous la protection sacrée d’Anu et de Dagan, il a fait tirer les armes en n’épargnant personne. Marduk s’est alors a juré de ne plus jamais réintégrer l’Ésagil par dégoût du sang versé (alors qu’il s’agit plus haut de l’Ékur pour Enlil).

Erra continue ses destructions. Il détruit le rempart de Sippar la ville de Šamaš. Il a mis à la tête d’Uruk, un gouverneur qui a changé les coutumes et supprimé les rites contre le gré d’Ištar. Celle-ci a alors suscité un ennemi à la ville : les Sutéens. Par l’intermédiaire d’Erra, de très nombreuses villes vont s’entredéchirent et Erra souhaite qu’Akkad se relève et les abatte tous. Il termine sa folie meurtrière en présence des Sept en détruisant la montagne de Ḫîḫi. De retour à son siège, les dieux se tiennent respectueusement devant lui. Erra reconnaît s’être irrité et son capitaine a atténué sa colère. Išum souhaite que la population d’Akkad dispersée redevienne nombreuse et terrasse les Sutéens par l’intermédiaire d’Erra et des Sept. Il veut finalement un retour de l’abondance et un renouveau plus sain. Nous apprenons à la fin du récit que c’est le fils de Dâbibu appelé Kati-ilâni-Marduk qui a reçu cette révélation par Išum. Erra à l’écoute de ce récit qui lui était délectable met en garde tout ceux qui n’exalterait pas à l’avenir sa gloire…

Pour compléter ce résumé, nous pouvons donner des renseignements complémentaires sur les 2 divinités principales de cette épopée, qui sont Erra et Marduk. Tout d’abord concentrons-nous sur Marduk dont les qualificatifs de ce texte sont « prince » ou « roi des dieux ». Suivant l’époque, l’appellation Marduk ne désignait pas toujours la même divinité. Dans un premier temps, ce nom est celui d’Enlil bien qu’on ne connaisse pas son origine. Au travers de très nombreux textes (notamment de nombreuses hymnes mésopotamiennes), nous constatons que Marduk et Enlil ont la même famille : Sa première femme est Ninhursag et sa seconde femme est Ninlil. Leur premier fils et Ninurta, un dieu guerrier par excellence. Par la suite Marduk, est appelé Bêl (signifiant seigneur). Ensuite il semble avoir été absorbé par une divinité originaire de la région d’Eridu, dont le nom est Asarluhi (BLACK J.A. et al., 2006). Une hymne dédiée à ce dieu nous apprend qu’il est le fils d’Ea et on le nomme également Marduk. Il est sage comme son père, doué d’entendement, le déluge puissant, d’un beau physique, le plus qualifié des métallurgistes, conseiller, juge, le grand ministre de l’Eridug, le superviseur de la purification des prêtres de l’E-Abzu ; lorsqu’An a divisé les pouvoirs du ciel et de la terre, les incantations sont du ressort d’Asarluhi (BLACK J.A. et al. « A hymn to Asarluhi»).

Le poème d’Erra semble faire la distinction entre Marduk et Enlil. La phrase la plus explicite (que j’ai déjà citée plus haut) est la suivante : « Et même, dans ce temple, quand tu le réintégreras, Prince Marduk, à gauche et à droite de ta porte, je ferai se tenir accroupir, comme des bœufs, Anu et Enlil ». On doute fort pour Marduk que sa propre statue soit mise à ses pieds comme un bœuf. Le texte reste relativement vague sur les relations entre Marduk et Erra. Contrairement à plusieurs auteurs, je ne suis pas certain de voir une hostilité directe entre ces 2 divinités. Plusieurs passages pourraient nous donner plus de renseignements à ce sujet, mais ils sont malheureusement perdus ou abîmés. Dans le texte en IV : 1, nous en avons malgré un tout un bref aperçu :  Isûm dit à Erra : « Même du Prince Marduk, Erra-le-preux, tu n’as point respecté la gloire ». L’hypothèse qui pourrait expliquer la confusion entre ces 2 divinités serait le transfert du titre d’Enlil vers Asarluhi pour des raisons qui restent à élucider.

L’épopée d’Erra peut évoquer un phénomène céleste dans le départ de Marduk et le réveil de sa colère. Celà peut se voir lorsqu’on dit que « pour avoir déjà quitté sa demeure, Marduk a provoqué le déluge, et la position des étoiles a changé sans qu’elles puissent reprendre leurs places ». Lorsqu’Erra parvient à convaincre Marduk de quitter sa demeure, les mauvais-vents se lèvent, le soleil s’obsurcit, les Igigi fuient au ciel et les Annunaki se réfugient au fond de l’Absû (Cette dernière conséquence étant inversée selon les prédictions faites par Marduk plus tôt dans le récit). La suite du texte, pouvant nous renseigner sur le phénomène, est malencontreusement également perdue. Nous sommes en tout cas probablement face à un phénomène apparenté au Déluge. D’autant plus que Marduk dans le récit précise que, pour avoir fui sa résidence, il a provoqué le déluge. Celà risque de se reproduire s’il la quitte à nouveau. Je renvois à l’article « les origines du Déluge » et l’article « le lion, un symbole pour Vénus » pour plus d’informations à ce sujet.

L’autre grande divinité du poème Erra est un dieu guerrier redoutable, qui souhaite être craint tant par les dieux que par les hommes. Nous voyons dans ce texte, le roi des dieux An intervenir. Il autorise la destruction des hommes, s’ils deviennent trop nombreux. Bien que le poème donne Erra pour principal responsable des destructions généralisées, nous pouvons considérer An comme celui qui tire les ficelles. Il donne à Erra Sept guerriers qui l’inciteront à partir en guerre bien que cela ne soit pas ses occupations principales dans le début du récit. Ce changement d’attitude est identique pour le dieu Nahusha du mythe Hindou (voir l’article « le mythe de Nahusha ») dont des pouvoirs très puissants lui sont offerts par Brahmâ (analogue à An ?). Les ŗshis hindous l’inciteront à devenir le nouvel Indra, bien que ses préoccupations premières soient plutôt la chasse, les dés et les femmes.

Le mythe de Nahusha débute par l’absence de souverain. Indra, le souverain des dieux, se cache, car il est responsable de la mort du dieu Vŗtra (sans doute Enki/Osiris). Dans le poème d’Erra, ceci est suggéré par Erra, lorsqu’il semble remettre en cause le règne de Marduk. En effet selon lui, les hommes n’en font qu’à leur tête en dépit des ordres de Marduk ; il se rendra dans la demeure de cette divinité et convaincra de lui laisser le trône en son absence. Une fois au pouvoir, tout comme Nahusha, il a soif de reconnaissance. Il détruit tout et il massacre tout le monde (tant les mauvais que les justes). Le mythe de Nahusha semble compléter le poème d’Erra qui se termine par une glorification à l’extrême d’Erra, même s’il reconnaît s’être emporté. Le geste de Nahusha envers Agastya le Sage est considéré comme un blasphème par Bhŗgu et Nahusha est condamné à ramper sur terre comme un serpent pendant 10000 années. Indra peut regagner sa place de souverrain du ciel et de la terre mais à une condition : il doit vénérer Vishnou (un autre nom pour Enki/Osiris)…

Sources bibliographiques

- BLACK J.A., BLACK J., GREEN A., & RICKARDS T., 1992. Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia : An Illustrated Dictionary. University of Texas Press. 192 p.

- BLACK J.A., CUNNINGHAM G., FLUCKIGER-HAWKER E., ROBSON E. and ZÓLYOMI G., 1998. A hymn to Asarluhi. The Electronic Text Corpus of Sumerian Literature. http://translate.google.be/translate?hl=fr&langpair=en|fr&u=http://www-etcsl.orient.ox.ac.uk/section4/tr4011.htm, Oxford. Consulté le 18/04/2011.

- BODI D., 1991. The Book of Ezekiel and the Poem of Erra. Vandenhoeck & Ruprecht GmbH & Co KG. 324 p.

- BOTTERO J. & KRAMER S. N., 1993. Lorsque les dieux faisaient l’homme. Editions Gallimard. 755 p.

Généalogie des dieux mésopotamiens, hymnes et prières

Aux personnes reniant la personnalité à part entière des divinités les plus anciennes, je conseille la lecture du livre suivant : « Hymnes et prières aux dieux de Babylone et d’Assyrie » de Marie-Joseph Seux. L’auteur compile ici des prières et hymnes dédiées aux divinités mésopotamiennes. Cette compilation de textes anciens akkadiens et sumériens est une base d’étude pour celui qui désire mieux comprendre et découvrir les divinités mésopotamiennes.

En synthétisant les informations de ces hymnes et prières et en recoupant les répétitions, on redécouvre de manière assez précise une généalogie de tout un panthéon de divinités. La généalogie de cette famille représentée ci-dessous sous forme synthétique. Le schéma est relativement simple par soucis de clarté. Il reste avant tout un point de départ et il n’est pas forcément juste en réalité sur tous les points. Pour certaines divinités, il reste toujours un certain flou qu’il convient de faire disparaître par davantage de recoupements et vérifications .

Généalogie des dieux mésopotamiens. Les dieux en rouges portent le titre de "roi des cieux et de la terre". An et Ishtar en bleu son parèdres. Merci de mentionner la source de cette image si vous la réutilisez.

Certains personnages ont une place importance dans cette généalogie mais ils ne sont pas représentés pour plusieurs raisons :

-         leur généalogie est incertaine. Ex : Nabû qui est fils d’Asari (Enlil) et à la fois fils héritier de Nudimmud.
-         leur fonction est importante mais on ne  connaît pas ou peu leur filiation dans les textes. Ex : Dumuzi qui est l’amant d’Ishtar et le fils d’Éa, mais les textes compilés dans l’ouvrage de Marie-Joseph Seux ne précisent pas qui est sa mère.

Comme la généalogie présentée ici le dévoile, bon nombre de divinités ont une multitude de noms. Pour certains d’entre eux, je n’ai pas repris la liste complète pour ne pas trop encombrer le schéma. Empiriquement, le nombre de titres est proportionnel à l’importance d’une divinité. On peut s’en rendre compte notamment avec la déesse de l’amour et de la guerre qui présente une liste assez longue de titres et de surnoms. Ils sont d’autant plus nombreux lorsqu’on retrouve les correspondants dans d’autres régions du monde. On peut facilement admettre que les croyances dédiées aux divinités les plus vénérées et les plus « importantes » se soient propagées davantage géographiquement, ce qui peut expliquer leur nouvelle appellation dans d’autres langues.

Lorsqu’on étudie ces textes, on se rend compte de la précision et la fois la complexité de ce panthéon. Chaque dieu a sa place et une histoire qui lui est propre. On va bien au-delà d’une simple dédicace au dieu du soleil comme on pourrait le croire naïvement, notamment avec Shamash le dieu du soleil mésopotamien. On compare bien cette divinité au soleil mais davantage dans un souci glorifique. Ce Dieu roi des cieux et de la terre a une place très précise dans le panthéon. Je cite ici une prière dédiée à Shamash (dieu akkadien) qui illustre la minutie que l’ont peut rencontrer dans les textes découverts en Mésopotamie :

Shamash, fils d’Anu, sou[verain des Igigu],
Shamash, fils héritier, qui illumines les cieux et la terre,
Progéniture de Sin et de Ni[ngal],
Seigneur de Sippar, protecteur de l’Ébabbar,
Aimé d’Aya, la bru qui habite dans les cieux purs,
Shamash, lorsque tu sors des cieux purs,
Lorsque tu franchis la montagne de Cyprès,
Que Bunéné, le ministre, te souhaite un cœur joyeux,
Que Droiture vienne à ta droite,
Que Justice vienne à ta gauche ;
Le premier de tous les pays, c’est toi !
Le Juge éminent, qui assure la justice au pays d’en haut et (au pays) d’en bas, c’est toi !
(Extrait, p 216-p 217).

Ce Dieu solaire est appelé Utu en sumérien. Il est jumeau d’Ishtar. Il portera le même titre « roi des cieux et de la terre », tout comme Enlil son grand-père, laissant suggérer que Shamash est son successeur. Shamash/Utu est incontestablement le dieu de la Justice en Mésopotamie. Notez que lorsqu’on donne pour père Anu, cela ne signifie pas père au sens strict du terme. La fonction solaire de Shamash est probablement liée aux vertus de luminosité, d’abondance, du soleil. De plus il est très courant de comparer les divinités aux astres du ciel. Le soleil est un symbole fort de royauté qui prédominera en Egypte notamment. Cette association au soleil peut compliquer l’identification d’un bon nombre de divinités. A titre d’exemple, Erra (le Râ égyptien) est également un dieu solaire et clairement distinct de Shamash.

L’étude des textes anciens reste et restera encore l’une des meilleures méthodes pour redécouvrir les parentés entre les divinités. Les dieux mésopotamiens sont les plus anciens du monde. Leur expansion s’étant propagée à partir du Moyen-Orient et les multitudes de témoignages que nous ont laissés les tablettes d’argile sont de très précieux outils à utiliser sans retenue pour avancer dans ce vaste champ de recherche.

Référence bibliographique

SEUX M.-J., 1976. Hymnes et prières aux dieux de Babylone et d’Assyrie. Littératures anciennes du Proche-Orient. Les éditions du cerf, Paris. 558 p.