La redécouverte d’Ur, la cité sumérienne de Nanna-Sîn

Le Moyen-Orient fut l’objet de recherches intensives au cours du 20ème siècle. Un peu partout sur ce vaste territoire, des fouilles se sont organisées et ont permis de réécrire l’histoire et notamment la naissance d’une des plus anciennes civilisations. Ces fouilles se sont principalement orientées vers des tells, qui sont en fait des collines artificielles formées par l’accumulation de ruines superposées.

Localisation d'Ur en Mésopotamie (Irak actuel)

Schéma des villes de Sumer et d’Akkad et localisation d’Ur. Source : http://www.penn.museum/sites/iraq/?page_id=24#

Une des premières mentions d’Ur est donnée dans la Genèse 11:31 : « Térah prit son fils Abram, sont petit-fils Lot, fils de Harân, et sa bru Saraï, femme d’Abram. Il les fit sortir d’Ur des Chaldéens pour aller en pays de Canaan, mais arrivés à Hârân, ils s’y établirent ». En 1853, l’anglais Taylor identifia le site en Irak grâce à une inscription sur un cylindre d’argile. Il a fallu attendre 1922, pour que voit le jour une campagne de fouilles conduite par le British Museum et l’université de  Pennsylvanie, sous la direction de Leonard Wooley. Son équipe et lui fouillèrent le tell al-Muquaiyar pendant 6 saisons d’hiver. Le schéma ci-dessous donne une idée générale du site d’Ur.

Schéma des fouilles d’Ur. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Ur_plan.png.

Schéma des fouilles d'Ur : Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Ur_plan.png

Une des premières découvertes était une enceinte contenant les restes de 5 temples positionnés à proximité de la ziggurat du roi-Ur-Nannu (appelé également Ur-Nanna) qui était dédiée au dieu de la lune Nanna-Sîn. Cette ziggurat est celle qui est la mieux conservée des sites mésopotamiens. Mesurant à sa base 60,50 m sur 43 m, elle atteint encore à l’actuelle 20 mètres de haut (le premier et la moitié du second étage ont subsisté). Du temps de la 3ème dynastie d’Ur, elle comportait 3 étages de plus en plus petits et couronnés par une chapelle.

Ziggurat d’Ur. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Ziggarat_of _Ur_001.jpg.

Les fouilles ont permis également de mettre à jour des maisons qui étaient toutes pour la plupart des villas à étages comportant 13 ou 14 pièces. Quelques années après la découverte de la célèbre tombe de Toutankhamon, Leonard Wooley et son équipe découvrirent à leur tour des tombes d’une richesse extraordinaire dans une butte de quinze mètres de haut située au sud des temples. Ils avaient mis au jour les tombes royales d’Ur. Elles étaient antérieures à celle de Toutankhamon de plus de 1000 ans et elles n’étaient pas moins riches. Au total plus de 1800 sépultures ont été découvertes. Ces tombes eurent un retentissement énorme dans le monde de l’archéologie sumérienne. Seize d’entre elles étaient toutes particulières tant par leur architecture que par les richesses qu’elles renfermaient. On y découvrit des harpes et des lyres, des statuettes, des coupes et des gobelets en or, des vases aux formes étonnantes, de la vaisselle de bronze, des bas-reliefs en mosaïque de nacre, de lapis-lazuli et d’argent. Un petit aperçu de ces merveilles est visible dans le diaporama ci-dessous. A l’heure actuelle, une partie de ces œuvres se trouvent dans le Musée de Philadelphie, au British Museum ou ce qui reste du Musée de Bagdad.

Dans les tombes royales d’Ur, des personnages riches et puissants ont été enterrés. Ceux-ci étaient pour la plupart accompagnés de nombreux individus (jusque 63 dans la « tombe du roi » et jusque 74 dans la tombe appelée « la Grande Fosse de la Mort »). Il s’est avéré que ces individus étaient en fait enterrés avec leur maître et manifestement morts par empoisonnement. Il y avait des soldats avec leurs armes, des cochers avec leurs chariots, des musiciennes avec leur lyre et des dames de la cour avec leur parure (voir schéma ci-dessous). Cette manière de procéder se rencontre également pour l’Egypte, la Chine, l’Assam et même chez les Comans de Russie.  Dans certaines tombes, on a retrouvé des vases en métal et des sceaux cylindres qui ont livré les inscriptions de 8 hommes et 4 femmes. Bien qu’aucun d’entre eux ne figurent sur les liste royales sumériennes, il n’est pas pour autant impossible que certains aient été reines ou roi comme le suggèrent les titres de Nin (applicable aux reines ou aux prêtresses) pour Pû-abi et Nin-banda et de lugal pour Meskalamdug et Akalamdug.

Vue d'ensemble de la tombe "Grande Fosse de la Mort".

Schéma des fouilles effectuées dans la tombe « La Grande Fosse de la Mort ». Source : http://www.penn.museum/sites/iraq/?page_id=208#.

Une des découvertes les plus énigmatiques faite par l’équipe de Wooley concernent une couche d’argile découverte dans les puits de creusement des fouilles. Avec l’avancement des forages, on découvrait de nouvelles couches de dépôts plus profondes comprenant des débris de vases. Ces objets en céramique étaient toujours équivalents à ceux découverts dans les tombes royales, laissant suggérer qu’au cours des siècles la civilisation sumérienne n’avait pas subi de grands changements. A un moment, les archéologues sont arrivés dans une couche d’argile vierge de toute présence humaine. Cette couche faisait 3 mètre d’épaisseur et était identique à celle de certaines alluvions. Au-dessous de celle-ci, ils retrouvent très subitement une couche de terre contenant à nouveau des débris de céramique, mais cette fois-ci cette poterie avait complètement changée d’aspect et elle était réalisée à la main. Selon des calculs très précis, il était évident que cette couche d’argile n’était pas laissée par des traces d’alluvions de l’Euphrate car le niveau de fouille était trop élevé par rapport au niveau du fleuve. La seule explication plausible aux yeux de Leonard Wooley pour étayer ce phénomène était le déluge. Pour confirmer cette hypothèse, 2 autres forages ont été entrepris et ont conclu de manière identique. Des restes de petits animaux marins confirment l’origine marine de l’argile. Un peu partout dans une zone large de 160 km et longue de 630 km allant du golfe persique en direction du nord-ouest, cette couche d’argile a été retrouvée. Seule l’épaisseur de la couche étant différente. L’étendue du déluge n’est pas forcément localisée à cette zone. En effet, cette zone correspond in fine à la localisation des dépôts d’alluvions. A la vue de l’âge des couches de débris laissés par l’homme, cette inondation s’est déroulée il y a 4000 ans av. JC.

Les listes royales sumériennes peuvent être utilisées comme point de départ pour l’étude des lignées royales d’Ur. Une liste royale sumérienne de base a été reconstruite à partir de 15 vieilles copies babyloniennes, bien qu’elles diffèrent sur plusieurs points : expression différentes, longueur des règnes, certaines dynasties sont citées dans un ordre différent,… Sur base de ces listes et des découvertes archéologiques corroborant les dynasties royales sumériennes, un schéma récapitulatif représente ci-dessous les trois dynasties d’Ur et donne pour chaque roi la durée du règne. La toute première dynastie d’Ur a été créée vers 2560 ans av. JC par Mesanepada (« Héro choisi par An »). A cette époque, c’était encore une petite ville (plus petite qu’Uruk et Lagash), donc la richesse était due au commerce maritime de son port fluvial. Mesanepada a fait de cette ville la capitale de toute la Mésopotamie. Néanmoins cette hégémonie ne persistera pas. Balulu sera le dernier roi de cette dynastie. Pour la seconde dynastie d’Ur, on ne sait presque rien. Par contre la 3ème dynastie d’Ur est fort documentée. En 2113 ans av. JC, Utu-hegal est détrôné par Ur-Nammu (« guerrier de la déesse Nammu ») gouverneur d’Ur. Quatre ans plus tard, il se fait couronner à Nippur et il est alors appelé roi d’Ur, roi de Sumer et d’Akkad. Ainsi la 3ème dynastie d’Ur est fondée et c’est une des périodes les plus brillantes de l’histoire mésopotamienne. On peut à proprement parler de la renaissance de la culture sumérienne. Ur-Nammu meurt sur le champ de bataille. Un long poème nous décrit ses funérailles et les trésors qu’il emporte dans sa tombe.

Liste des rois des dynasties sumériennes.

Son fils Shulgi (« noble jouvenceau ») lui succède. C’est lui qui promulgue probablement le plus ancien recueil de lois découvert à Nippur sur une tablette et sur 2 fragments à Ur. Ce « Code » a un grand intérêt historique car outre la précision juridique sur les droits des citoyens, il précise notamment qu’Ur-Nammu a développé l’agriculture, il a creusé plusieurs canaux, il a restauré les fortifications détruites ou délabrées, il a bâti ou rebâti des temples et des ziggurats (notamment à Ur, Uruk, Larsa et Nippur). Shulgi se fait appeler «  roi des Quatre régions » et il se fait adorer comme un dieu. Il s’attèle à s’emparer de la région comprise entre les 2 affluents Tigre l’Adhem et le Grand Zab. Il étend également le territoire de son royaume à l’Elam (Iran). Les montagnards d’Iran sont utilisés comme une légion étrangère chargée de protéger la frontière orientale. Shulgi et son fils Amar-Sîn sont les 2 rois qui connaissent l’apogée du royaume. L’empire d’Ur est alors bien organisé.

La 3ème dynastie d’Ur rencontre les premiers conflits annonciateurs de la fin du royaume sous le règne de Shu-Sîn, frère et successeur d’Amar-Sîn. Dans les textes, les responsables du déclin sont le pays ou le peuple appelé Martu en sumérien, Tidnum et Amurrum en akkadien. Ce pays s’étend de l’Euphrate jusqu’à la Méditerranée. Amurrum désigne l’ouest. Les gens de ce pays sont appelés les Amorrhéens ou les Amorrites. Les Martu sont considérés dans les textes comme « des barbares qui razzient les villages et volent voyageurs et caravanes ». En 2028 ans av. JC, Ibbi-Sîn succède à son père Shu-Sîn. L’empire se morcelle malgré la conquête de Suse, d’Adamtu et du pays d’Anshan. Plusieurs cités (Eshnunna, Suse, Lagash, Umma et Dêr) vont se révolter et se séparent provoquant des problèmes d’approvisionnement en nourriture à Ur. Les Martu vont pénétrer au cœur de Sumer. Ishbi-Erra se proclame indépendant et le royaume va être coupé en 2. C’est Ishbi-Erra qui va repousser les Martu. Les Elamites alliés au gens du Nord et aux Su sous la conduite de Kindattu, roi de Simashki marchent sur Ur. Ishbi-Erra les refoule. Mais 3 ans plus tard, ils reviennent avec un autre chef et ravagent Sumer. La cité d’Ur va être attaquée, pillée, incendiée. Cela est attesté dans plusieurs tablettes découvertes en Irak. Elles portent les noms suivants  « la lamentation sur la ruine d’Ur », « la lamentation sur la ruine de Sumer et d’Ur » et « la seconde lamentation sur la destruction d’Ur ». On y apprend que la destruction d’Ur a été décidée sur base d’un jugement d’An et d’Enlil malgré la grande tristesse de Nanna, le fils d’Enlil.

Qui [peut] renverser son destin (le destin d’Ur), quelque-chose qui ne peut être altéré ?
Qui [peut] s’opposer à la décision d’An et Enlil ?
An a terrifié Sumer de sa demeure ; le peuple était effrayé.
Enlil a apporté une tempête glaciale ; le silence s’est répandu dans la cité.
Nintu a obstrué l’utérus du pays.
Enki a stoppé l’eau dans le Tigre et l’Euphrate.
Utu a retiré les déclarations de justice et les décisions justes.
Inanna a accordé la bataille et la lutte au pays rebellé.
Ningirsu a versé Sumer aux chiens comme du lait.
La rébellion est tombée sur terre, quelque-chose qui n’était pas connu.
C’était quelque-chose qui n’avait pas été vu, quelque-chose d’inexplicable, quelque-chose qui ne pouvait être compris.
Tous les pays étaient confondus dans leur crainte.
Les dieux de la cité se sont détournés, le berger s’est dispersé.
La population a aspiré la crainte.
La tempête les a immobilisés…
(Extrait de la lamentation sur la ruine de Sumer et d’Ur, traduit de l’anglais sur base de la version de Michalowki’s (1989). Source : CHAVALAS M. W., 2006.)

Tablette de « la lamentation sur la ruine d’Ur », localisée au Musée du Louvre. (C) RMN - Gérard Blot, Source : http://www.photo.rmn.fr/CorexDoc/RMN/Media/TR1/9E9CA/82-001017.jpg.

Références bibliographiques

- CHAVALAS M. W., 2006. The Ancient Near East : historical sources in translation. Blackwell Publishing, USA. 445 p.

- CHIFFLOT T-G., 1955. La Bible de Jérusalem. L’Ecole biblique de Jérusalem. 2117 p.

- KELLER W., 2005. La Bible arrachée aux sables. Editions Perrin, Paris. 604 p.

- ROUX G., 1985. La Mésopotamie. Editions du seuil. 600 p.

- YOUSIF E.-I., 1999. L’épopée du Tigre et de l’Euphrate. L’Harmattan. 150 p.

Les origines du déluge

Le déluge a fait couler beaucoup d’encre, un bateau et un rescapé ont trouvé écho dans quasi toutes les mythologies du monde. L’un des récits le plus connus est celui de la Genèse, pourtant les très nombreuses versions étudiées dans cet article (pour certaines beaucoup plus anciennes) nous permettent de reconsidérer sous divers angles son récit moralisateur et de redécouvrir les véritables causes du déluge.

En Genèse 6:5-9, Yahvé envoie le déluge car les hommes sont mauvais de nature et il regrette de les avoir créés :

« Yahvé vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre et que son cœur ne formait que de mauvais desseins à la longueur de journée. Yahvé se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre et il s’affligea dans son cœur. Et Yahvé dit : «  je vais effacer de la surface du sol les hommes que j’ai créés – depuis l’homme, jusqu’aux bestiaux, aux bestioles et aux oiseaux du ciel -, car je me repens de les avoir faits ». (Bible de Jérusalem).

On se rend compte très vite en étudiant les variantes des autres mythologies, que Yavhé est un terme qui regroupent plusieurs divinités. Dans la 11ème tablette de l’épopée de Gilgameš découverte à Ninive en Irak, Uta-napištî lui dévoile le récit du déluge. On apprend qu’un groupe de dieux ont décidé de lancer le déluge :

« Je vais te confier un secret des dieux !
Tu connais la ville de Šuruppak,
Sise [sur le bord] de l’Euphrate,
Vieille cité, et que les dieux hantaient.
C’est là que prit aux grands-dieux l’envie de provoquer le Déluge :
[Les instiga]teurs en étaient Anu, leur père ;
Enlil-le-preux, leur souverain ;
Leur préfet, Ninurta, et Ennugi, leur contremaître. »
(11ème tablette de l’épopée de Gilgameš, traduction de BOTTERO J. & KRAMER S. N., 1993).

D’autres textes découverts toujours dans la Bibliothèque de Ninive nous confirment ce fait. En comparant 3 copies réalisées par des scribes assyriens sur ordre du roi d’Assyrie Assurbanibal (datant du VIIème siècle avant notre ère), on a pu recomposer un poème original dont le héro principal est ‘Hasisadra, un analogue à Noé, qui a obtenu l’immortalité des dieux. Il s’adresse à Izdhubar (Gilgameš) :

« Je veux te révéler, ô Izdhubar, l’histoire de ma conversation et te dire la décision des dieux.
La ville de  Šurippak, une ville que tu connais,
Est située sur l’Euphrate ;
Elle était antique et en elle [on n’honorait] pas les dieux.
[moi seul, j’étais] leur serviteur, aux grands dieux.
[les dieux tinrent conseil sur l’appel d’]Anou.
[Un déluge fut proposé par [Bel]
[et approuvé par Nabou, Nergal et] Ninih. »
(« Le déluge de‘Hasisadra », traduction provenant de LENORMANT F., 2001)

Cette version nous confirme très clairement qu’Anou (An le dieu mésopotamien du ciel) est le dirigeant d’un conseil. Le dieu qui a lancé l’idée est Bel, soit Enlil, le dieu des vents. Le conseil a délibéré et la décision est irrévocable malgré que le fait que le dieu Ea (dieu créateur mésopotamien) ne soit pas d’accord. Ceci est confirmé par un texte sumérien traduit pour la première fois en 1914 par Arno Poebel, dont le héro du récit est Ziusudra (nom qui signifie une fois décomposé : ZI-U-SUD-RÁ = vie de jours prolongés). Selon les listes royales sumériennes, celui-ci régna sur la cité de Šurippak citée plus haut.

«  Le Déluge [va anéantir] les agglomérations et recouvrir leur capitale,
Pour détruire la race humaine : [Ainsi en a-t-il été décidé],
Décision ratifiée par l’assemblée et irrévocable !
Ordre porté par Anu et Enlil, et [inaltérable] :
Le Royaume des Hommes [sera détruit] »
(« Le déluge de Ziusudra », traduction provenant de LENORMANT F., 2001)

Ce Ziusudra se retrouve dans une version attribuée à Bérose, un scribe chaldéen (terme qui qualifie la région située entre les cours inférieurs de l’Euphrate et du Tigre où se sont formés Sumer et Akkad). Son nom est très proche de l’original : Xisouthros. Bérose a réalisé ce récit en se basant sur des livres sacrés de Babylone. L’œuvre est perdue mais on a retrouvé 2 résumés anciens attribués à Alexandre Polyhistor (un grammairien du 1er siècle av. JC ) et à Abydène, (un écrivain de la fin du 1er siècle après JC). Cette version comprend un passage novateur : Cronos (analogue grec d’Enki/Ea) annonce en rêve le déluge à Xisouthros et lui demande d’enfouir les écrits disponibles dans la ville du soleil de Sippara. Cette version reprend des passages biens connus du déluge tels que notamment la construction du navire, le lâcher d’oiseaux, le sacrifice réalisé sur la montagne où fait escale le navire (dans cette version ils arrivent en Arménie). Les compagnons de Xisouthros qui ont survécu vont déterrer les écrits, vont fonder de nombreuses villes, bâtir des temples et reconstituer Babylone.

Toujours dans la période qui précède le déluge, divers textes nous renseignent sur les catastrophes précédant le déluge. Dans le Poème akkadien d’Atras-Hasis, un des textes les plus anciens du déluge, on apprend qu’Enlil a décidé de mettre fin à l’humanité car elle était trop bruyante. Dans les premiers temps, Enlil envoie d’abord plusieurs fléaux tels que des épidémies et une grande sécheresse mais Enki est toujours présent pour aider l’humanité. Il s’en suivra le déluge provoqué par Ninurta le fils d’Enlil qui va laisser déborder les barrages célestes et Nergal (assimilé à Osiris/Horus vengeur) qui va arracher les étais des vannes d’en haut. Le déluge des Celtes se retrouve dans un texte qui s’appelle les Triades (poésie bardiques des Cymris du pays de Galles). On compte 3 catastrophes terribles de l’île de Prydain ou de Bretagne. Une correspond à la dévastation par le feu, l’autre une grande sécheresse et la dernière une grande inondation. Seul Dwyfan et Dwyfach vont survivre grâce à un vaisseau sans agrès et vont repeupler l’île de Prydain. Divers textes de par le monde nous signalent également des de tremblements de terre et d’une obscurité généralisée à toute la terre. On peut citer à titre d’exemple le livre ses secrets de Jean un des écrits de Nag Hammadi (NH II, 1 ; IV, 1) ou le livre de Popol-vuch qui est un recueil de traditions mythologiques des indigènes du Guatemala. Dans ce livre on raconte que la terre est secouée d’un terrible tremblement de terre. Le dieu de l’orage Hourakan fait pleuvoir sur la terre une résine enflammée. On peut considérer qu’il s’agit de chutes de météorites et des effets du passage à proximité de la terre d’un astre bruyant :

«  Les eaux, soulevées par le Cœur du Ciel Houracan, bouillonnèrent et un grand déluge s’étendit à tout le créé… De la résine enflammée tombait du ciel, la face de la terre devint noire, une pluie noire tombait jour et nuit ; et il y avait dans le ciel comme le bruit d’un feu tumultueux. Les gens couraient, s’écrasaient, grimpaient sur le toit des maisons, mais celles-ci s’écroulaient sous eux ; ils grimpaient aux arbres, mais ceux-ci les secouaient ; ils se cachaient dans les cavernes, mais celles-ci les écrasaient. L’eau et le feu détruisaient tout ».
(Traduction provenant de MEREJKOVSKI D., 1995)

« Dès l’aurore, il chut des petits-pains, et des averses de grains-de-froment au crépuscule ».
(11ème tablette de l’épopée de Gilgameš, traduction de BOTTERO J. & KRAMER S. N., 1993).

Quelques textes sont assez précis quand à la succession des destructions qui ont abouti au déluge universel. Citons le codex Vaticanus (un codex maya) qui est conservé à la bibliothèque du Vatican. Ce document distingue 4 grands évènements :

1) Tlatonatiuh (« soleil de terre ») : ce sont les géants ou les Quinamés les premiers habitants de l’Anahuac qui meurent de famine.
2) Tlétonatiuh (« soleil de feu ») : période qui correspond à la descente du dieu Xiuhteuctli. En aztèque Xiuhitl signifie météore. Ce dieu du feu, parfois représenté avec un oiseau turquoise au-dessus de sa tête et associé aux météores. Les hommes vont échapper au feu destructeur en se transformant en oiseaux. Un couple d’humains trouvent asile dans une caverne et repeuplent l’univers après cette destruction.
3) Ehécatonatiuh (« soleil de vent ») : un ouragan terrible provoqué par le dieu Quetzalcohuatl. Les hommes pour la plupart vont être transformés en singes au milieu de cet ouragan.
4) Atonatiuh (« soleil d’eau ») : Il se termine par une inondation, un déluge universel. Tous les hommes vont être transformés en poisson sauf un couple qui sont sauvés dans un bateau construit dans du cyprès. Sur le Codex on représente les 2 humains préservés du déluge Coxcox et Xochiquetzal. Ils sont assis sur un tronc et ils flottent au milieu de l’eau.

Revenons sur le récit du déluge concernant Ziusudra et attachons-nous à la figure du dieu Enki/Ea : dans ce récit, Enki et Nintu sont obligés d’accepter par un serment la décision de provoquer le Déluge, étant donné qu’ils font partie du conseil. Les textes de Ras Shamra (ancienne cité d’Ugarit) nous on livré également un récit intéressant du déluge, bien qu’il soit fragmentaire. Il nous précise la nature du serment fait par Ea : il est dit qu’ « il s’était engagé à ne rien dire à âme qui vive ». Cette raison peut expliquer dans une certaine mesure pourquoi Enki/Ea/Cronos prévient le Noé du déluge dans un songe. Il prévient en rêve Ziusudra/‘Hasisadra ou Uta-napištî de l’éminence du déluge afin qu’il construise un bateau lui permettant de survivre lui, sa famille, d’autres êtres humains, des animaux et des plantes variées. Ce rôle de poisson, nous le retrouvons notamment dans le Catapata Brâhmana (I, VIII, 1), un texte sacré de l’hindouisme qui évoque également le déluge. Ce texte a été traduit pour la première fois par M. Max Müller. Il nous relate la rencontre de Manu avec un poisson qui lui demande de le protéger en échange d’être sauvé du déluge. Ce poisson qui grandit de jour en jour est placé successivement du vase, à un grand bassin et finalement dans l’océan. Dans l’année même où il aura atteint sa taille maximale, le déluge surviendra. Il demande à Manu de construire un vaisseau et de l’adorer. Une fois le déluge initié, le poisson tire le vaisseau avec ses cornes, permettant ainsi à Manu de passer par-dessus la « montagne du Nord ».

Ce poisson évoque très clairement le serpent aquatique Vritra (voir les Veda) qui fut vaincu par Indra (Enlil/Zeus) et ses compagnons appelés les Marut (au nombre de 49). Vritra tout comme Osiris (Ea/Enki) renaîtra en un serpent céleste. On qualifie Vritra de serpent du ciel, de nuage orageux qui s’allonge en rampant dans les airs. Indra frappe Vritra de son foudre et en le déchirant il donne libre cours aux eaux qui étaient enfermées dans ses flancs. La taille du serpent des airs est déterminante : l’astre orageux et perturbateur s’est rapproché de la terre et une fois suffisamment proche de celle-ci il émerge de l’océan (une image pour expliquer la montée d’un astre dans le ciel à partir de l’horizon) provoquant ainsi un raz-de-marée gigantesque.

Dans l’Edda, un recueil poétique de la mythologie nordique, on retrouve également cette symbolique dans la figure du serpent Jormungand. Le Ragnarök, la grande bataille des dieux nordiques, est annoncé par 3 années de guerre suivies d’un hiver très rude de 3 ans. Il s’en suit un terrible tremblement de terre qui brisera tous les liens. Le loup Fenrir est alors délivré de ses chaînes. Jormungand est le serpent qui provoquera le raz-de-marée sur terre et qui détruira tout. Ce serpent fut jeté dans l’océan lorsqu’il était petit. Après ce déluge, le couple Lif et Lifthrasir donnera naissance à la nouvelle lignée humaine qui repeuplera le monde. Jormungand est un serpent qui enserre Midgard de ses terribles anneaux. Ce reptile croit sans cesse (tout comme le loup Fenrir) et il devient si grand qu’il finit par se mordre la queue et entourer la terre de ses anneaux. Ce serpent vit au fond de la mer. Jormungand grandit aussi vite que son frère Fenrir. Ce dernier est un loup géant. Un des ses fils est un astre destructeur qui détruira l’humanité, comme le démontre très clairement le texte ci-dessous :

(Völuspá 40-41)
« A l’est habite la vieille
Dans la forêt du fer,
Et là elle met au monde
Les enfants de Fenrir.
Parmi eux tous,
L’un deviendra,
Sous la forme d’un monstre,
De l’astre le destructeur.
Il se rassasiera du sang.
Des hommes à la mort voués.
Il rougira de sang pourpre
La demeure des dieux.
Noirs deviendront les rayons du soleil
Tout au long des étés suivants,
Et terribles seront les tempêtes.
En savez-vous davantage, vraiment ? »

(Source : DILLMANN F-X., 1991)

Citons encore le mythe de Labbu (provenant encore d’une autre tablette de la Bibliothèque d’Assurbanipal à Ninive), un monstre aquatique à la fois un serpent et lion qui est chargé de détruire l’humanité sous l’ordre d’Enlil. Ce monstre est tué par Tišpak qui est chargé de sauver la terre et destiné à reprendre les rennes du pouvoir. La queue de Labbu balaye le tiers des étoiles. Ce mythe nous permet de conclure que 2 entités ne font qu’une seule. Il s’agit en fait des 2 visages d’une même entité destructrice : le loup/lion et le poisson/serpent qui provoqueront 2 destructions de nature différentes. Ces 2 entités ne font qu’une seule. Elles donneront naissance à 2 forces destructrices : le loup qui a brisé ses chaînes et qui a libéré sa colère et le serpent qui a atteint sa taille maximale et qui provoque le déluge.

Le faucon et le phénix sont également les 2 symboles d’un dieu colérique égyptien : Horus. Sous ses 2 aspects il est l’étoile du matin et l’étoile du soir. L’âme d’Osiris voyage à travers l’univers il renaît sous les traits d’Horus le faucon qui apporte la chaleur d’un 2ème soleil. Lorsqu’il retourne vers sa demeure, il est le phénix qui annonce le retour de la pluie. Le premier passage perturbateur aurait provoqué le déluge universel qui aurait détruit l’Atlantide. Une partie des rescapés se seraient réfugiés en Egypte comme le laisse penser le livre des morts égyptiens. Au chapitre 17, Nephtys participe au rapatriement des rescapés du déluge vers l’Egypte :

(ligne 43-48)

« Les générations cadettes sauvées pour repeupler une multitude dans le ‘Lieu du dessus-des-Eaux’ par Dieu à cet effet, les faisant arriver en deux populations meurtries et épuisées sur les terres promises que Dieu avait sauvé de l’eau dans sa Bienveillance à leur intention. Louées soient-elles, ces générations, en leur nom de ‘Survivants du Déluge!’, ainsi qu’en leur deuxième nom de ‘fils de la Triade du Couchant’ qui parviennent en la demeure de l’Alliance ». (Traduction d’Albert Slosman en 1979)

Le serpent destructeur est connu notamment sous le nom de Marduk. Ce dieu est invoqué notamment dans le célèbre poème de l’Enûma Eliŝ, l’Epopée babylonienne de la Création découverte à Ninive. Il dit que Marduk est l’enfant soleil d’Enki. C’est un dieu vengeur (tablette 3 ligne 10) tout comme Horus. Il est responsable du Déluge : il déchaîne les vents (tablette IV, ligne 96-99), qui s’engoufrent dans la bouche de Tiamat. Celle-ci éclate sous l’effet d’une flèche envoyée par Marduk. Il utilise les morceaux du corps de Tiamat pour façonner le monde. Le Poème d’Erra (un poème babylonien) complète le rôle de cette divinité dans le rôle d’un astre perturbateur. Je n’en m’en étais pas rendu compte tout de suite, mais je ce poème est une clé essentielle pour comprendre un pan entier de l’histoire des mythologies. Ce poème décrit d’une manière très précise le départ de Marduk de sa résidence ce qui a pour conséquence de provoquer le déluge. Marduk est le lien de l’univers et s’il quitte à nouveau sa résidence, l’univers se disloquera, ce qui provoquera un nouveau déluge.

« Le roi des dieux, ayant ouvert la bouche, prit la parole
Et adressa ce discours à Erra, le champion des dieux :
«Erra-le-preux, touchant l’opération que tu suggères,
Sache que déjà autrefois, pour avoir quitté ma résidence, à la suite d’une colère, j’ai provoqué le Déluge !
A peine avais-je quitté ma demeure que le lien de l’univers se défit :
Le ciel en ayant été ébranlé, des étoiles célestes la position changea sans qu’elles pussent reprendre leur place ;
L’Irkallu-infernal ayant bronché, le produit des sillons s’amenuisa, rendant désormais difficile la subsistance ;
Le lien de l’univers défait, la nappe-souterraine baissa et le niveau des eaux descendit !
A mon retour je vis comme il était malaisé de tout raccommoder !
Le croît des êtres vivants était tombé, et je ne pus le restaurer
Sans me charger, en personne, comme un paysan, de leur réensemencement !
Je fis donc reconstruire mon temple, pour m’y réinstaller.
Or, ma précieuse-image, maltraitée par le Déluge, avait son aspect terni !
Pour faire rebriller mes traits et nettoyer ma tenue, je recourus au feu.
Lorsqu’il eut achevé son travail et fait (à nouveau) resplendir ma précieuse-image,
Et que, m’étant recoiffé de ma couronne impériale, je fus revenu à ma place,
Mes traits étaient altiers, mon regard fulgurant !
Les hommes qui, échappés au Déluge, ont été les témoins de cette opération,
Te laisserai-je tirer les armes pour en anéantir la descendance ? »
(Le poème d’Erra, traduction provenant de LENORMANT F., 2001)

Marduk prévient Erra qu’autrefois pour avoir quitté sa demeure il a provoqué le déluge. Ce poème est étonnant dans le sens où il précise que le déluge peut se répéter une seconde fois.  Lorsque Marduk remplace Enlil dans l’Esagil, Erra lui promet qu’il peut à nouveau quitter sa demeure sans provoquer de déluge. Marduk le croit et des nouvelles catastrophes naturelles s’abattent sur terre. Le texte décrit les nombreuses destructions des villes de la Mésopotamie. On explique que Babylone est soumise à une révolte de la population « contre le gouverneur ». Nous retrouvons d’une manière très insistante l’arrogance et la violence d’Erra à la suite de ce bouleversement qui se considère alors comme le dieu unique et le maître du monde. Le poème d’Erra n’est pas le seul texte mythologique qui nous dévoile qu’il y a eu plusieurs grandes destructions sur terre. Le Codex mexicain Telleriano Remensis indique que la destruction du monde eu lieu 3 fois.

« Une fois tous les 4 ans, il y a un jeûne de 8 jours, en mémoire de ce que le monde a péri 3 fois. » (LENORMANT F., 2001).

A la vue des différents récits du déluge, on constate qu’ils s’orientent de manière quasi universelle sur la construction d’une embarcation chargée de sauver Noé et une partie des êtres vivants de la terre. Les causes qui sont invoquées telles que la méchanceté de l’homme, le non respect des dieux sont souvent de nature à culpabiliser l’homme. Elles ont tendance également à considérer les récits comme moralisateurs et permettent d’une certaine manière d’écarter les véritables questionnements sur l’origine céleste de cette catastrophe. Il faut probablement lier en partie un oubli de l’humanité sur les récits du déluge, étant donné la quasi destruction de l’espèce humaine. De plus comme le signale les nombreux textes, Noé fut écarté de l’humanité ce qui ne lui permis pas à la nouvelle humanité de comprendre les mécanismes célestes du déluge.

L’implication de Vénus reste encore à l’actuelle une idée nouvelle, peu considérée par les scientifiques. Les raisons traditionnelles pour expliquer le déluge évoquent notamment le volcanisme, la venue sur terre d’un astéroïde gigantesque et encore la précession des équinoxes comme explication des périodes de glaciation et de dégel. Néanmoins la théorie qui implique un changement d’orbite de Vénus et son implication dans plusieurs déluges a pour mérite de reconsidérer les mythologies qui sont encore à l’heure actuelle trop peu envisagées comme piste de recherche, au regard des informations qu’elles contiennent sur nos origines. C’est pour quoi l’étude approfondie des textes anciens combinée à la méthodologie scientifique mérite toute notre attention. Cet article n’a pour effet qu’une pierre lancée dans un vaste océan tant les sources sont nombreuses et variées. Je ne pourrais pas m’attarder ici plus longtemps, le temps me fait défaut, et il y a encore tant d’autres faits importants à éclaircir. Néanmoins il a de fortes chances pour que de nouvelles recherches m’amènent encore à compléter dans de nombreux nouveaux articles cette vision nouvelle, tant les mythes du monde tournent autour de ce cataclysme…

Sources bibliographiques

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- AUERBACH L & al., 2004. Encyclopédie de la Mythologie. Parragon Books Ltd, Royaume-Uni. 320 p.

- BAILEY G., CARDEN M., CLARKE P. & al., 2006. Mythologie : mythes et légendes du monde entier. Ed. de Lodi, Paris.

- BAUDRY G-H., 2000. Le péché dit originel. Editions Beauchesne. 411 p.

BOMPART-PORTE M., 2009. Si je t’oublie Ô Babylone… Le meurtre de masse du néolithique au monde mésopotamien. Harmattan. 320 p.

- BOTTERO J. & KRAMER S. N., 1993. Lorsque les dieux faisaient l’homme. Editions Gallimard. 755 p.

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- DILLMANN F-X., 1991. L’Edda, récits de mythologie nordique par Snorri Sturluson. Gallimard, Paris. Pp. 41-42.

- DOMENY DE RIENZI G-L., 1836. Océanie ou 5ème partie du monde : revue géographique et ethnographique de la Malaisie, de la Micronésie, de la Polynésie, et de la Mélanésie ; offrant les résultats des voyages et des découvertes de l’auteur et de ses devanciers, ainsi que ses nouvelles classifications et divisions de ces contrées. Volume 2. Firmin Didot, Paris. 447 p.

- DURAND-FOREST J. & SOUSTELLE J., 1995. Mille ans de civilisations mésoaméricaines : Des Mayas aux Aztèques. L’Harmattan. 268 p.

- FAIVRE D., 2007. Mythes de la genèse, genèse des mythes. L’Harmattan. 281 p.

- FERRE J., 2003. Dictionnaire des mythes et des symboles. Editions du rocher. 989 p.

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- MEREJKOVSKI D., 1995. Atlantide-Europe : les mystères de l’Occident. Body, Mind & Spirit. 417 p.

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- PARKS A., 2007. Les chroniques du Gírkù. Ádam Genesis. Editions Nouvelle Terre. 516 p.

Le lion, un symbole de Vénus

Le lion est un animal connu pour sa force et sa puissance ; il est aussi susceptible, belliqueux, voire sanguinaire. Pour ses caractéristiques, le lion fut un symbole de prédilection pour représenter Vénus, planète qui a boulversé la face du monde il y a des millénaires. L’importance du lion dans les mythologies est très ancienne : en sumérien on le désignait par « Urmah », Ur-mah signifiant chien puissant. La naissance de Vénus est très souvent représentée sur les murs des temples ou des tombes égyptiennes par 2 lions qui se font face. La naissance d’Horus le vengeur est symbolisée par un soleil (Vénus) émergeant des collines primordiales et entre 2 lions.

Naissance d'Horus

Double lion égyptien, symbole de l'Etoile du matin et de l'Etoile du soir (Vénus). Cette figure représente la naissance d'Horus.. Localisé au Louvre. Source : http://egypte.web361.fr/index.php?lettre=a&entree=ay-ay-ai-eje.

Une des plus belles métaphores utilisée pour symboliser l’apparition de Vénus dans le ciel nous parle d’un lion Ashtar (dieu phénicien) responsable de la mort d’une antilope symbolisant l’humidité de la nuit. Cette attaque est suivie de la chute d’Ashtar dans les enfers par les 2 serviteurs du taureau Él (très souvent représentés dans les sceaux phéniciens par des griffons). Ce lion mort renaît le soir lorsqu’il tue le Taureau Él et porte le nom d’Ashtart (parèdre d’Ashtar).  Ce mythe symbolise donc l’apparition de Vénus dans le ciel au moment de l’aurore. Elle perd son éclat lors de l’apparition du Soleil (Shapash). Elle renaît le soir lorsque le soleil atteint l’horizon. La tablette III AB, C de Ras Shamra (célèbre cité syrienne appellée Ugarit) nous synthétise la chute d’Ashtar tué par les serviteurs de Él, à l’aurore :

15. [Voici que va paraître] Shapash (déesse du soleil Špš), le flambeau des dieux. Elle s’élève la voix et [crie] (à Ashtar) : ‘Ecoute bien !
16. Il se vengera, le Taureau Él, ton père, à la face du Prince-Mer (le dieu Yam), à la face du Juge-Fleuve (autre nom de Yam).
17-18a. Il ne t’écoutera pas le Taureau Él, ton père : certes, il arrachera le support de ton siège ; certes, il renversera [le trône] de ta royauté ; certes, il brisera le sceptre de ta juridiction’.
Ashtar sait sans doute que l’arrêté de Él est, comme on le lui dit, sans appel, et il s’y soummet immédiatement. Il n’oppose aucune résistance.
18b. Et Ashtar répond :
19. ‘Il m’a saisi, le Taureau Él, mon père. Moi [je n’ai pas] de maison pour moi [comme] les (autres) dieux, de parvis [comme les (autres fils de
20. Qa]desh (Ashérat). En lion, je descendrai dans ma tombe (npš). Les étoiles-Kṯrm disparaissent dans la mai[son du Prince]-
21. Mer, dans le temple du Juge-Fleuve. Il se venge le Taureau Él, son père à la face du Prince-Mer,
22. à la face du Juge-Fleuve.’ Tu n’auras pas de pouvoir pour la royauté, ni de femme pour toi comme les (autres) dieux,
23. ni de servante comme les (autres) fils de Qadesh (Asherat). Et le Prince-Mer [(te) regardera], et le Juge-Fleuve [(t’) observera], et il dira :’Ashtar…’ »

(Traduction provenant de DU MENSNIL DU BUISSON R., 1970. Etudes sur les dieux hérités par l’Empire romain. E. J. Brill, Leiden, Netherlands).

Ce texte a sa correspondance exacte dans la Bible en Isaïe 14:12. Le terme utilisé pour qualifier l’Etoile du matin est Heylel en hébreux. Ce porteur de lumière est appelé Lucifer en latin (« Lux » ou « Luci » signifie lumière et « fer » porteur) et Phosphoros en grec.

12. « Comment es-tu tombé du ciel,
Étoile du matin (traduction du mot hébreux Heylel), fils de l’aurore ?
As-tu été jeté à terre,
Vainqueur des nations ?
13. Toi qui avais dit dans ton cœur :
‘J’escaladerai les cieux,
au-dessus des étoiles de Dieu j’élèverai mon trône,
je siégerai sur la montagne de l’Assemblée,
aux confins du spetentrion.
14. Je monterai au sommet des nuages,
je m’égalerai au Très-Haut.’
15. Mais tu as été précipité au shéol,
dans les profondeurs de l’abîme. »

16. « Est-ce bien toi qui faisait trembler la Terre,
qui ébranlait les Royaumes?
17. Il a réduit le monde en désert,
rasé les villes,
il ne renvoyait pas chez eux les prisonniers.
18. Tous les rois des nations, tous, reposent avec honneur,
chacun chez soi.
19. Toi, on t’a jeté hors de ton sépulcre,
comme un rameau dégoûtant,
au milieu des gens massacrés,
transpercés par l’épée,
jetés sur les pierres de la fosse,
comme une charogne foulée aux pieds. »
20. Tu ne leur seras pas uni dans la tombe,
car tu as ruiné ton pays,
fait périr ton peuple.
Plus jamais on ne prononcera le nom
de la race des méchants.
21. Préparez le massacre de ses fils
pour la faute de leur père.
Qu’ils ne se lèvent plus pour conquérir la terre
Et couvrir de villes la face du monde. »

Tout comme Heylel, Ashtar est soummis à un jugement qui lui fait perdre son sépulcre et l’oblige à descendre en temps que lion dans sans tombe (le Shéol pour Heylel). Le texte d’Isaïe nous permet de constater que ce lion a ruiné son pays, a fait périr son peuple. Ses enfants doivent également rester dans le monde du dessous comme les étoiles-Kṯrm d’Asthar.

Ce terme de « porteur de lumière » est équivalent à celui du dieu phénicien Resheph qu’on qualifie de « portier du soleil » (LIPINSKI E., 1995).  Son nom se retrouve sous différentes formes dans les textes et noms qui accompagnent sa représentation : en phénicien Ršp, en cunéiforme Ra-sa-ap ou Ra-ša-ap, ou Ršp en égyptien. Avec le syllabaire suméro-akkadien nous pouvons traduire Rasaap phonétiquement par RÁ-SÁ-AB : « le père qui guide et qui brille » ou  RÁ-ŠA-AB : « le père brillant qui assèche ». Il est représenté habituellement dans la posture d’un pharaon frappant ses ennemis, le pied gauche en avant, le bras droit brandissant une arme. Resheph est un dieu redoutable et belliqueux, caractère du lion sur lequel on peut parfois le retrouver. Son parèdre peut parfois être représentée dans la même attitude combattante. L’attribut de Resheph est également l’arc comme l’indique une référence de la cité syrienne Ugarit : « Resheph l’archer ». Dans la Bible (Dt, 32:23-24). ce dieu est un génie destructeur au service de Yavhé.

« J’accumulerai sur eux les fléaux,
J’épuiserai contre eux mes flèches.
Une fois consummés par la famine
Et attaqués par Resheph
c’est Qatéb venimeux et la dent des bêtes
que j’enverrai contre eux
avec le venin des reptiles de la terre ».

En Palestine, Resheph est vénéré à Apollonia – Arsūf (nom en arabe), ce qui laisse suggérer que ce dieu est lié à l’Apollon grec. A Chypre, le dieu Resheph dieu-archer a fusionné avec lui. Un des surnoms d’Apollon est Phoebus. Tout comme Heylel il fut banni de la montagne des dieux appelée Olympe dans la mythologie grecque. Il avait comploté contre Zeus.

Marduk nous livre de précieuses informations sur le premier grand passage de Vénus, celui qui a provoqué le grand Déluge. Dans l’Enûma Eliŝ, l’Epopée babylonienne de la Création on dit que Marduk est l’enfant soleil d’Enki. C’est un dieu vengeur (tablette 3 ligne 10) tout comme Horus. Il est responsable du Déluge : il déchaîne les vents (tablette IV, ligne 96-99), qui s’engoufrent dans la bouche de Tiamat. Celle-ci éclate sous l’effet d’une flèche envoyée par Marduk. Il utilise les morceaux du corps de Tiamat pour façonner le monde. Dans le poème d’Erra, nous apprenons qu’Erra va enflammer la colère de Marduk, l’éloigner de sa demeure et détruire les hommes. Marduk va provoquer le Déluge mais également déstabiliser les étoiles. Son apparence va être altérée et il restaurera son image par le feu. En l’absence de Marduk (qui a perdu son éclat), Erra est chargé de combattre Enlil et Anu. Une autre version concernant Marduk est conservée dans le poème d’Erra. Le dieu du Soleil Erra invoque le retour de Vénus, ce qui permet à Erra de devenir le roi des dieux :

«Lorsque Marduk eut entendu les propos d’Erra, ils lui semblèrent délicieux. Il (Marduk) quitta sa demeure impénétrable et il alla vers celle des Anunnaki. Lorsqu’il (toujours Marduk) fut entré et qu’il se tint [face à eux], Šamaš (le soleil) obscurcit ses rayons en le voyant. Sîn (la lune) fixait ailleurs […] Les mauvais vents se soulevèrent, transformant le jour en ténèbres et [bousculant] l’ensemble de la Terre et le tumulte des peuples […] Alors les Igigi (Nungal), terrorisés, s’en furent dans les hauteurs et les Anunnaki se précipitèrent au fond de l’abîme ».

Traduction d’un passage du poème d’Erra par Don Moore.

Dans l’article : « la symbolique du chien et du loup dans les mythologies », j’ai parlé du loup Fenrir, un autre animal sanguinaire qui qualifie cet astre destructeur. Tout comme Marduk, il obsurcit les rayons du soleil. Tout comme les dieux dont j’ai parlé plus haut, le loup Fenrir s’enfonce profondémment dans la terre, où il va être enchaîné. Dans cet épisode Fenrir est attaché à un grand rocher. Au Ragnarök, le loup Fenrir attaque le monde des hommes et des dieux. Le passage ci-dessous confirme clairement que Fenrir est un astre perturbateur :

(Völuspá 40-41)
A l’est habite la vieille
Dans la forêt du fer,
Et là elle met au monde
Les enfants de Fenrir.
Parmi eux tous,
L’un deviendra,
Sous la forme d’un monstre,
De l’astre le destructeur.

Il se rassasiera du sang.
Des hommes à la mort voués.
Il rougira de sang pourpre
La demeure des dieux.
Noirs deviendront les rayons du soleil
Tout au long des étés suivants,
Et terribles seront les tempêtes.
En savez-vous davantage, vraiment ?

(Source : DILLMANN F-X., 1991)

Dans la continuité de cette description, le dieu hittite Hahhima (présent dans « le Mythe de la Disparition du soleil ») est un monstre destructeur de vie sur la terre et au ciel. Son apparition a lieu lorsque le soleil se réfugie au fond de la mer (parallèle évident avec Ashtart, l’étoile du soir qui apparaît quand le soleil se couche). Cette période est caractérisée par l’absence de souverrain des dieux. Vénus est tenu responsable d’une période de grand gel qui immobilise les dieux. Le dieu de l’Orage essaie de lutter contre Hahhima mais en vain. Deux combats héroïques les opposeront. Le dieu de l’Orage appelle le dieu du Soleil qui est introuvable. Seul le retour du Soleil à la place du Gel pourra entraîner la disparition de Hahhima et permettre à la vie de renaître à nouveau.

Un autre dieu hittite appelé Illuyanka est également le réprésentant des forces obscures de la nature. Le mythe d’Illuyanka nous présente 2 versions différentes pour expliquer le retour du dieu de l’Orage au pouvoir. Illuyanka est un serpent qui a vaincu le dieu de l’Orage. Il vit sous terre. En sortant des entrailles de la terre, il menace l’ordre établi par le dieu de l’Orage. Ce mythe tend à relativiser le rôle négatif de cet astre pertubateur. En effet le dieu de l’Orage est présenté comme un adversaire impitoyable, et rusé ; à l’opposé Illuyanka est est généreux à l’image du monde sauvage. Dans la première version du mythe, on apprend que le dieu de l’Orage (via le dieu de la tempête) obtient de l’aide de la fille d’Illuyanka Inara, celle-ci a reçu l’aide d’un mortel (Hupasya) par la séduction. Hupasya capture le serpent avec une corde et le dieu de l’Orage le tue. Dans la deuxième version, le dieu de l’orage agit seul. Il retrouvera ses yeux et son cœur grâce au mariage de son fils qui vivait dans la belle famille. Le dieu de l’orage combat une 2ème fois Illuyanka sur la rive de la mer. Le fils du dieu de l’orage s’est rangé du côté du serpent et demande à son père de l’épargner, mais en vain.

« Quand il fut à nouveau valide dans son corps comme auparavant, il alla de nouveau dans la mer pour livrer bataille. Quand il lui livra bataille, et quand il fut sur le point de vaincre le Serpent, le fils du dieu de l’Orage était avec le serpent et appela son père dans le ciel :

« Inclus-moi avec eux ; n’aie pas pitié de moi » aussi le dieu de l’Orage les tua (tous les deux) le serpent et son propre fils. Et ceci le dieu de l’Orage […]. »

(Deuxième version du mythe de Illuyanka, source : DILLMANN F-X., 1991).

La mort de l’astre destructeur est confirmée dans le mythe de Labbu, dont une tablette endommagée de la bibliothèque d’Aššurbanipal donne de précieuses informations. Dans ce mythe, Enlil charge un autre dieu de tuer Labbu. Celui-ci est un monstre dont l’apparence est celle d’un lion et d’un serpent qui est envoyé par le dieu Enlil pour détruire l’humanité. Il vit dans l’eau. Il est le fils de Tiamat et la « progéniture du Fleuve ». Il a pour but de détruire la Terre et l’humanité. Labbu a une queue qui balaye le tiers des étoiles. Ce monstre doit être tué par Tišpak. Celui-ci est chargé de sauver la terre et prendre les rennes du pouvoir. Lorsque Labbu est tué, il est dit que : « Et pendant trois ans, trois mois et un jour […] coula le sang du Labbu.

« Sa longueur était de cinquante milles,
Et de un mille son [épaisseur ( ?)] ;
Sa gueule mesurait six coudées,
[Et sa langue ( ?)], douze coudées.
Sur douze coudées (s’étendait)
Le périmètre de ses oreilles.
A soixante coudées de distance,
Il [attrapait ( ?)] les oiseaux [de sa langue ( ?)].
S’il se mouvait sous neuf coudées d’eau […],
Il pouvait élever sa queue [jusque…]. »

(Mythe de Labbu, source : DILLMANN F-X., 1991).

Au terme de cette investigation initiée à partir du lion, nous redécouvrons encore ici le drame cosmique qui s’est conservé dans bons nombres de mythes à travers le monde. Un astre pertubateur, dont la naissance est causée par le dieu Enlil, est chargé de détruire l’humanité. Sa taille et sa lumière sont responsables de la montée des eaux, en d’autres mots du Déluge. Après cet épisode qui boulversa la surface de la Terre, la vie a repris son cours. Le monde n’est pour autant pas sain et sauf : Vénus réapparaît à proximité de la terre et cause de nouveaux dégâts. La terre est plongée dans l’obscurité et des tempêtes se déchaînent pendant plusieurs étés successifs. Les hommes et les dieux sont immobilisés. Lors du 2ème passage, un serpent a combattu le dieu de l’Orage et l’a mutilé. Il semble être sanctionné par le dieu Él qui le fait précipiter dans les profondeurs du Shéol.  Le dieu du Soleil est chargé d’assurer le règne sur le monde en l’absence du dieu de l’Orage. Ce règne n’est pas éternel et un nouveau passage de Vénus perturbe à nouveau la vie. A son retour, le Soleil disparaît sous l’horizon et le monde est sans souverrain. Le dieu de l’Orage retrouvera sa place du roi du monde après avoir vaincu le lion-serpent lors d’un dernier grand combat cosmique…

Remarque : pour plus d’information concernant ce drame cosmique, vous pouvez vous réferer à l’article « le mythe de Nahusha ». Il donne de précieux détails concernant le résumé de cette conclusion. Les noms sont différents, mais vous verrez très vite que ce mythe est intimement lié à cette histoire.

Naissance de Nergal

Sceau cylindre sumérien représentant Nergal sortant de la butte primodiale. Il est entouré par Ishtar et par Enki, des symboles représentant l'Etoile du matin apportant la chaleur et l'Etoile du soir apportant l'humidité. Source : http://economiedistributive.free.fr/IMG/jpg/1031_sumer.jpg.

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-  DU MENSNIL DU BUISSON R., 1970. Etudes sur les dieux hérités par l’Empire romain. E. J. Brill, Leiden, Netherlands.

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La symbolique du loup et du chien dans les mythologies

Le loup est un animal qui a longtemps été associé à la mort dans les mythes du monde. Il inspire crainte mais également respect. Son régime alimentaire a contribué à lui donner une place importante dans certains textes apocalyptiques où la gueule ouverte il détruit les astres ou des divinités. Son terrier, habitat souterrain, a également contribué à en faire une figure de gardien des enfers. Le loup n’est jamais seul et la meute est une image synthétisant bien la hiérarchie que l’on peut retrouver dans certains groupes divins, c’est-à-dire un loup et une louve dominants et leur descendance.

Une prophétie nordique annonçait la destruction du monde par le terrible loup Fenrir. Ce loup, fils de Loki croît quotidiennement d’une manière prodigieuse. Les dieux vont lui fabriquer plusieurs chaînes (appelées Leiding, Dromi) qu’il brise très facilement pour retrouver sa liberté. Les Nains sont dès lors chargés de fabriquer la chaîne Gleipnir. Par sécurité, la chaîne Gelgja, est également utilisée et passée au travers d’un grand rocher nommé Gjol. On pourrait se demander si cet enchaînement n’a pas un lien de parenté avec celui de Prométhée, qui fut attaché à un rocher sur le mont Caucase. Au Ragnarök, la fin des temps nordique, la gueule de Fenrir est grande ouverte. Sa mâchoire inférieure touche la terre tandis que sa mâchoire supérieure touche le ciel. La destruction apocalyptique d’un loup existe également dans la figure du loup Skoll qui poursuit la gueule grande ouverte la déesse du soleil Sol. Celle-ci mourra mais donnera naissance à un nouveau soleil. Le frère de Skoll appelé Hati poursuit, quant à lui, la lune. Tous ces mythes rejoignent la vision que l’on peut avoir du Déluge provoqué par « l’œil du son » égyptien qui a détruit l’A’amenptah, la fameuse Atlantide dont parle Platon. En effet, la croissance quotidienne d’un astre peut être comparée à la croissance de ce loup qui provoque destruction, chaos et morts sur Terre. La chaine chargée de maintenir la trajectoire de cet astre aura été rompue ce qui aura provoqué de terribles bouleversements sur Terre, notamment la disparition du soleil mais heureusement il renaît toujours.

Outre la destruction cataclysmique qu’il provoque, le loup est un gardien des enfers dans de très nombreuses mythologies. Anubis, le dieu embaumeur d’Osiris, est une des figures les plus connues. Un de ses autres noms égyptiens est Upuaut (prononcé Oupouaout). Celui-ci est un dieu à tête de loup invoqué par les Egyptiens pour guider le soleil pendant son séjour nocturne.  Il est appelé « le frayeur des chemins qui guide la barque de Rê ». Il guide le souverain dans le royaume des morts et également les guerriers en territoires ennemis. Comme toujours nous retrouvons facilement un dieu similaire chez les Mayas. Il est appelé Xolotl. C’est un dieu et un chien jaune. A la mort du 4ème soleil, Quetzalcoatl (le serpent à plumes maya) est chargé de créer une nouvelle race d’êtres humains. Xolotl, son frère jumeau, l’accompagne vers Mictlan le monde des morts pour rassembler les ossements des hommes tués par le déluge. L’accompagnement d’un dieu par un loup dans sa barque solaire est également rencontré dans les textes mésopotamiens. En effet, dans le texte « Enki au pays des morts », il est dit que les flots se brisent comme un loup dévorant sur la proue du bateau. Une vision déformée de ce chien gardien des enfers se retrouve dans la mythologie grecque chez Cerbère. Ce chien d’Hadès a 3 têtes. Cerbère est enchaîné à l’entrée des enfers. Il terrorise les morts et ceux-ci doivent l’apaiser en lui offrant des gâteaux de miel. On retrouve toujours ce chien gardien des enfers dans d’anciennes croyances des Caraïbes : Opiel Guabiron est un demi-chien de la mythologie des Caraïbes, mi-homme qui garde le royaume des enfers au niveau de la porte de Coabey.

Dieu chien Xolotl, Codex de Telleriano-Remensis.

Dieu chien Xolotl, Codex de Telleriano-Remensis. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier : Xolotl.jpg.

Cette vision de l’âme d’un dieu voyageant, telle la barque solaire d’Horus, nous amène à retrouver la mort d’un dieu d’une grande importance et le rôle de loups/chiens dans sa mort et dans l’accompagnement de son âme dans l’au-delà. Un des qualificatifs d’Odin est « loup de combat » dans la mythologie nordique. Le dieu était une embarcation qui faisait passer les bons du connu à l’inconnu. Ceux qui passaient la gueule du loup entraient dans le Walhall, royaume des morts. Odin est mort tué par le loup Fenrir, nous laissant penser que sa disparition est survenue lors du cataclysme provoqué par un astre errant. Il ne faut voir ce loup géant comme la cause de sa mort mais plutôt une conséquence de l’union avec la déesse de la guerre et de l’amour et l’assassinat par son frère ou son fils selon les mythes. Cette mort se retrouve dans celle d’Actéon. Celui-ci a été transformé par Artémis en cerf avant d’être tué par une meute de 50 chiens appartenant à la déesse (Diane dans la mythologie romaine). Cuchulainn est un héro irlandais qualifié de chien dans les textes. Son nom signifie « chien de Culann ». En Irlande, on ne donne pas de nom au loup (Chu), on le qualifie de « chien sauvage » (D’arbois de Jubainville, 1904). Dans certaines versions de son histoire, Cuchulainn refuse les avances de Morrigane, déesse celtique de la guerre. En conséquence, il meurt sous les traits d’un taureau blanc lors d’une terrible bataille, terrassé par le taureau brun Donn. Dans certaines versions, Cuchulain meurt empoisonné pour avoir mangé de la viande de chien. Dans la mythologie hindoue, Vŗtra est un dieu loup tué par son adversaire Indra. Il fut transpercé, démembré et il renaît tel un nouveau soleil. Sa renaissance est alors annoncée par le renouveau de la nature.

«  Lui dont les pouvoirs magiques
Détournent de la terre les bienfaisantes pluies,
Ennemi attaché à perdre les humains,
Disputant le pouvoir à la race divine,
Lui dont l’armée de démons à toujours
Livré au dieu Indra une guerre incessante,
Lui qui fut tant de fois écrasé, massacré,
Renaît toujours nouveau, et inlassablement
Recommence à la lutte où il perdra la vie. »

(Source : Wilkins W.J., 2006).

Anubis l’embaumeur, tombe de Nebenmâat.

Anubis l’embaumeur, tombe de Nebenmâat. Source : http://jfbradu.free.fr/egypte/LA%20RELIGION/LES%20DIEUX/anubis-maat.jpg

Le loup n’agit pas seul. En meute, il est d’autant plus à craindre. Dans le livre IV d’Enoch, il est dit que des loups persécutent des brebis ainsi que leurs enfants. Ces loups les poursuivent de toutes leurs forces jusqu’à ce que le Seigneur descende auprès des brebis pour les secourir et les conduire vers un autre pays. Les brebis fuient jusqu’à une mer que le Seigneur va couper en 2 avant qu’elle ne se referme sur les loups. Ce passage très intéressant est très clairement une autre version du passage de la mer Rouge par les Juifs. Les égyptiens non juifs qui les poursuivent sont donc des loups. Il n’est pas étonnant de les considérer comme tels lorsqu’on sait que les suivants d’Osiris appelés Shemsu sont des loups. D’ailleurs Khentamentiu, un dieu assimilable à Osiris dont le nom signifie « le premier des Occidentaux » provient de l’A’amenptah. C’est un dieu loup représenté sous la forme d’un chien noir.

Voilà encore un thème qui nous emmène sur la trace de la mort d’un dieu créateur ayant pris la peau du chien/loup. Nous nous retrouvons encore et toujours face à une histoire unique, qui a façonné toutes les croyances du monde. Lors d’un terrible bouleversement céleste, le dieu loup sera tué par des membres de sa famille, par des loups appartenant à sa meute probablement comme conséquence de s’être uni, à regrets par la suite, avec la déesse de l’amour et de la guerre. A sa mort, un chien gardien de son royaume souterrain, le soutiendra dans son voyage dans l’au-delà. Cet évènement qui a marqué tous les mythologies du monde nous parle d’un grand cataclysme provoqué par un astre céleste. Nous pouvons considérer celui-ci comme le symbole de son retour sur Terre…

Sources bibliographiques

-  AUERBACH L & al., 2004. Encyclopédie de la Mythologie. Parragon Books Ltd, Royaume-Uni. 320 p.

-  BAILEY G., CARDEN M., CLARKE P. & al., 2006. Mythologie : mythes et légendes du monde entier. Ed. de Lodi, Paris.

-  BROSSE J., 2001. Mythologie des arbres. Editions Payot et Rivages, Paris VIème.

-  BOBBE S., 2002. L’ours et le loup : essai d’anthropologie symbolique. Éditions Quae. 258 p.

-  D’ARBOIS DE JUBAINVILLE H., 1904. Les dieux celtiques à forme d’animaux. Comptes-rendus des séances de l’année. Académie des inscriptions et belles-lettres. Volume 48, Numéro 3. pp. 365-372.

-  PARKS A., 2007. Les chroniques du Gírkù. Ádam Genesis. Editions Nouvelle Terre.

-  WILKINS W. J., 2006. Mythologie hindoue, védique et pouranique. L’Harmattan. 398 p.

La mythologie hourrite

La mythologie hourrite est encore peu connue car nous n’avons pas encore trouvé les vestiges de la capitale hourrite. Ce peuple s’est installé dans le Sud de l’Anatolie (un autre nom est l’Asie mineure correspondant approximativement au Territoire de la Turquie actuelle). Un très grand nombre de leurs mythes furent repris par les Hittites (peuple qui s’est également développé en Anatolie). Comme nous n’avons pas retrouvé de textes religieux hourrites, la majorité des mythes proviennent des versions mésopotamiennes ou hittites. L’étude des textes anciens vont dans le sens d’un mélange à la fois des mythes hittites, hourrites et mésopotamiens. L’ensemble des textes de la mythologie hourrite sont repris sous l’appellation suivante « Le cycle de Kumarbi ». Ce recueil de textes est composé de 5 grands récits : le chant de Kumarbi, le chant de l’argent personnifié, le chant de Lamma, le chant d’Hedammu et le chant d’Ullikummi.

Localisation de la civilisation hourrite

Localisation de la civilisation hourrite. Source : http://antikforever.com/Cartes/carte_hourrites.gif

Nous pouvons tenter de résumer les textes de la mythologie hourrite en une histoire continue qui est malheureusement incomplète car des fragments de textes sont détruits. Au commencement le dieu Alalu est sur le trône divin. Anu (le dieu du ciel) se tient devant lui. Après neuf années, Anu détrône Alalu qui s’enfuit vers les terres sombres, dans le monde souterrain. Neuf ans plus tard, le dieu Anu ne supporte plus l’éclat du dieu Kumarbi, qui lui est dévoué. Anu s’enfuit comme un oiseau dans le ciel, mais Kumarbi l’en empêche. Il acquière la virilité d’Anu en l’empoignant par les pieds et en lui mordant les testicules. Anu le met en garde car il possède désormais un lourd fardeau, celui d’être imprégné des trois grands dieux suivants Teshub (le dieu de l’orage), Aranzah (le dieu fleuve Tigre) et du grand dieu Tashmishu. Kumarbi veut dévorer Teshub mais celui-ci se change en pierre de basalte et Kumarbi se blesse la bouche et les dents. Fou de colère, il se rend à Nippur. A l’issue d’une bataille (partie du récit manquante) Teshub devient le roi des dieux. Il a été aidé par le dieu du fleuve Tigre et le dieu Tashimushu enfantés par Anu et la Terre.

La suite du récit se retrouve en grande partie dans le chant d’Ullikummi. Kamurbi veut récupérer la royauté divine. Il songe à créer un rival pour contrer Teshub. A cette fin il répand sa semence sur un large rocher qui donne naissance à un monstre de pierre nommé Ullikummi. Celui-ci est chargé de briser Teshub et Tashimushu. Les déesses Irshirra sont chargées de transporter Ullikummi sur les genoux d’Enlil et ensuite sur l’épaule droite d’Upelluri (un analogue hourrite du géant grec Atlas). Le dieu-Soleil découvre le Monstre et informe Teshub, qui part aussitôt l’observer en compagnie d’autres divinités. Ištar tente de séduire Ullikummi mais en vain. Kumarbi fait réunir les dieux lors d’une assemblée car il est inquiet, mais il est déjà trop tard car le géant a atteint une telle taille qu’il est devenu invincible. On le qualifie alors de diorite de neuf mille lieues qui fait trembler la terre et le ciel. Teshub l’affronte mais il échoue. Ullikummi se charge d’abattre le dieu de l’orage mais également l’humanité toute entière (déluge). Ea se voit le défenseur de l’humanité lors de l’assemblée des dieux. Il emprunte aux dieux de la création le couteau qui a permis de séparer les Cieux de la Terre. Il parvient à séparer Ullikummi de l’épaule du géant Upelluri ce qui permet de réduire considérablement sa puissance. La fin de ce récit est indéchiffrable.

Teshub, Hepatu et Sharruma

Fresque à Hattusa du dieu Teshub, de la déesse Hepatu et de leur fils Sharruma. Source : http://www.travelblog.org/Photos/5557033

Ces récits sont très étranges et présentent d’étonnantes analogies avec d’autres mythes. Citons par exemple un mythe analogue en Phyrgie à la naissance d’Ullikummi : Papas (Zeus) fertilise une pierre nommée Agdos et celui-ci engendre un monstre hermaphrodite appelé Agditis. Mais le dieu le châtre en le faisant devenir Cybèle. On voit ici l’histoire d’une lutte entre 2 dieux primordiaux et on reconnaît l’intervention d’un être céleste Ullikummi qui causera le déluge. Sa taille est colossale, l’endroit de sa croissance est le ciel. Ea intervient de manière très symbolique en utilisant le couteau qui a permis de séparer le ciel de la terre (geste faisant référence à la stabilisation du parcours d’un astre dans le ciel). Il existe de nombreux mythes dans le monde qui attestent de la naissance d’astre/dieu colérique qui causera destruction et déluge. Zeus est également le père de cet astre car il l’a engendré. Le mythe de la création d’Athéna a exactement la même signification que celui de la naissance d’Ullikummi. En effet, Zeus avale la déesse qui porte Athéna. Par la suite Zeus souffle d’un terrible mal de crâne qui se fend et donne naissance à Athéna armée et prête au combat. Un autre mythe également grec nous parle d’Héraclès qui sauve Hésioné, la fille de Laomédon. Héraclès s’attaque au serpent des mers envoyés par Poséidon et se retrouve dans son estomac pendant 3 jours, au bout desquels il réussit à en sortir en découpant le monstre de l’intérieur. Il s’agit en fin de compte d’une renaissance attestée dans d’autres croyances telle que la Bible. Jésus dit en Matthieu 12:40 : « De même, en effet, que Jonas fut dans le ventre du monstre marin durant 3 jours et 3 nuits, de même le Fils de l’homme sera dans le sein de la Terre durant 3 jours et 3 nuits ». Un autre récit grec nous parle de la naissance de Dionysos. Sa mère Sémélé est morte d’un coup de foudre. Zeus extrait l’enfant des entrailles de Sémélé et le place dans sa cuisse avant qu’il ne naisse une 2ème fois (d’où l’expression « né de la cuisse de Jupiter »). Dionysos aura une course folle et il parcourra le monde et enseignera l’agriculture à l’humanité.

Cette symbolique de l’expulsion d’un corps ou d’une tête est très clairement synonyme de la création d’un être dément, colérique qui parcourt le monde et qui provoque le déluge. Ce mythe est universel. De nombreux dieux présentent l’aspect d’un astre solaire (exemple l’oeil d’Horus) dément, colérique causant de nombreuses destructions et mort sur Terre. Ce thème mérite une très grande attention car il est à la base d’un fait mondialement attesté par les mythologies et pouvant expliquer l’origine du déluge et notamment la destruction de certaines grandes civilisations anciennes. Cet astre perturbateur est Vénus, l’étoile du matin mais également l’étoile du soir. Je ne le prouverais pas dans cet article mais probablement dans une recherche beaucoup plus approfondie. Je terminerai sur ce fait : Vénus est une planète très particulière. C’est le seul astre qui tourne dans un sens inverse à toutes les autres planètes du système solaire. De plus, la durée du jour est plus longue que son année (243 jours terrestres de rotation contre 224 jours terrestres  pour la période de révolution).

Sources principales :

- BAILEY G., CARDEN M., CLARKE P. & al., 2006. Mythologie : mythes et légendes du monde entier. Ed. de Lodi, Paris.

- LAROCHE E., 1963. Le dieu anatolien Sarrumma. Syria. Volume 40. Numéro 40-3-4. pp. 277-302.

Les Géants dans les mythes et les religions

Fresque exposée sur la Grand Place de Louvain-La-Neuve en Belgique.

Une race de Géants légendaires a longtemps été une source d’inspiration pour bon nombre de mythes à travers le monde. Le terme géant vient du grec « Gigas » ou « Gigantes » au pluriel. Ce mot est formé des 2 termes gê et de gaô, ce qui signifie « fils de la Terre (Gaia, déesse grecque) ». Ainsi les géants font référence en mythologie à des êtres nés d’une déesse de la Terre et l’éthymologie du mot géant est à lier au caractère divin de cet être.

Le texte qui relate le mieux leur existence se trouve dans le Livre d’Enoch. Ce livre fait partie des célèbres manuscrits de la mer Morte écrits en araméen découverts à Qumrân en 1976. Ce récit a été considéré comme apocryphe (adjectif qui caractérise un texte qui n’est pas authentique) selon les institutions ecclésiastiques, probablement car il contenait des révélations dérangeantes pour l’Eglise. Bien que ce texte soit délibérément écarté de la Bible, il existe quand-même plusieurs références dans l’ancien Testament à des êtres de grandes tailles (ex la Genèse 6:4, les Nombres 13:33, le Deutéronome 3:3 à 11. Esaïe 14 :9,…).  D’autres récits bien connus nous parlent de géants des glaces vivant à Jötunheim et opposés aux dieux nordiques, des Titans qui affrontèrent les dieux de l’Olympe et encore bien d’autres.

Le Livre I d’Enoch appelé « Le livre de la chute des anges et de l’essomption d’Hénoch  (chapitres 6 à 36) » nous parle très précisément d’anges, d’enfants célestes qui tombèrent amoureux de femmes humaines. Celles-ci enfantèrent les Nephelim, des géants qu’il fut très difficile de rassasier. Le Seigneur (Dieu correspondand à Yavhé) considère ces êtres comme très néfastes. Parallèlement à l’existence de ces demi-dieux, Azazel est jugé coupable d’avoir transmis à l’homme des connaissances divines qui le corrompirent. Le Seigneur demande à l’ange Gabriel d’exterminer ces Nephelim et à Michaël d’annoncer le châtiment des criminels qui se sont unis à des femmes humaines. Pour purifier la Terre de la tyrannie, de l’injustice et du crime, le déluge doit s’abattre sur Terre. Le Seigneur prévoit le retour d’une période prospère où tous les hommes devront l’adorer et lui rendre les honneurs qui lui sont dus. Cette image d’un dieu tyrannique et se considérant comme le seul dieu se rencontre notamment dans la figure de Yavhé de l’ancien Testament ou d’Akhénaton qui se considère comme un dieu vivant qui soit le seul qu’on peut idolâtrer.


En Genèse 6, on retrouve un récit similaire où les fils de Dieu trouvèrent que les filles des hommes les convenaient et ils les prirent pour femmes. Ils étaient appelés les Néphilim. De leurs unions avec les femmes humaines sont nés « des héros de jadis de grande renommée ». Ce récit est suivi de peu par la décision de Yavhé d’éradiquer de la surface de la Terre les hommes à l’exception de Noé qui « marchait avec Dieu ».

Un autre récit des manuscrits de la mer Morte appelé «  Le Livre des Géants » nous parle de géants. Ce récit corroboré par d’autres textes similaires (notamment perses) complète l’idée d’un jugement divin envers ces géants. Hahya et Ohya (fils de Šemhazaï, chef des géants veilleurs) ont des visions en rapport avec le déluge, la destruction d’un jardin planté d’arbres (excepté un arbre composé de 3 branches) dont s’occupent plusieurs veilleurs, et le jugement écrit du souverain des cieux. Le géant Mahawaï est le messager qui est chargé de transmettre ces songes à Enoch, le scribe du discernement pour qu’il se charge d’en trouver les significations.

Dans les textes anciens de Ras Shamra (Ugarit), les Rephaim sont un groupe d’êtres au service de Baal et le chef s’appelle Rapha-Baal, terme qu’il faut rapprocher de Raphaël l’un des 7 anges qui se tient près du Seigneur (Ra’af est d’ailleurs un des noms égyptiens d’Horus). Les Rephaïm sont lié à la résurrection d’Aqhat, fils de Dan’el (le dieu du ciel An mésopotamien). Le poème d’Aqhat nous apprend qu’Aqhat a été tué à l’instigation d’Anat lors d’une chasse de la déesse et lors d’un vol d’oiseaux (les oiseaux accompagnent très souvent la résurrection d’Osiris en Horus). Autour de la mort d’Aqhat, les Rephaïm participent à un banquet rituel qui dure 7 jours. Ce texte nous parle de la guérison du dieu Aqhat. Chez les anciens Sémites, la guérison possède un sens beaucoup plus large que celui que nous lui donnons actuellement. Il s’agit d’un dieu qui revient lui-même de la mort à la vie et qui par sa résurrection redonne vie à toute la nature.

La mort d’un dieu et son séjour dans les enfers en compagnie d’êtres divins de grande taille se rencontre également en Isaïe 14:9. On parle de rois de nations qui ont été précipités avec l’étoile du matin, fils de l’aurore dans le Séhol (les profondeurs de l’abîme). Cette étoile du matin est Horus. Ce royaume souterrain fait référence aux enfers. Pour plus d’informations concernant ce royaume, voir l’article « Enki et ses nombreux autres noms dans le monde ».

Après le déluge et la sentence divine, le nombre de géants a fortement diminué et il reste quelques survivants. Dans les Nombres 3:25, Moïse envoie des hommes dans le Pays de Canaan (sous l’ordre de Yavhé). Les hommes reviennent apeurés car ils ont découvert dans cette région un peuple puissant qui vit dans des villes fortifiées, très grandes. Selon eux, ce pays est « un pays qui dévore ses habitants. Toux ceux qu’ils ont vus sont des hommes de grande taille. Ils ont vu aussi des géants (les fils d’Anaq, descendance des Géants). Ils leurs donnaient l’impression d’être des sauterelles.

Dans le Deutéronome 3:3 à 11, on apprend qu’Og est le roi de Bashân et dernier survivant des Rephaim. Son cerceuil est long de 9 coudées (soit environ 4 mètres de longueur). Les Rephaim se retrouvent une douzaine de fois dans l’ancien Testament et ils font référence notamment à une ancienne population de Palestine qui n’a laissé que peu de traces dans la tradition israélite.

De nombreux autres récits mythologiques attestent de l’existence de géants qui furent condamnés par une entité suprême. Ces géants sont étroitement liés à un être solaire, un ange (Horus, Raphaël,…). Ces êtres auraient vécu dans des endroits reculés et bien protégés à l’abri des regards notamment dans les montagnes, forêts,… Afin de détruire l’humanité corrompue par le bouc émissaire Azazel ou le serpent biblique, Yavhé anéantira les hommes et les géants par le déluge. Les mythes nous parlent d’une époque antédiluvienne où les géants étaient encore nombreux, mais également d’une époque plus récente où subsistent encore quelques géants que les dieux combattront et vaincront avec le temps…

Le dernier déluge et l’île de Madré de Dios

Il existe un très grand nombre de faits inexpliqués par la Science. Le suivant concerne un expédition menée en Patagonie chilienne par un chercheur du FNRS et une équipe  de spéléologues.

Sur l’île de Madré de Dios (de 20 sur 40 km) vierge de tout tourisme , ils ont notamment découvert un ensemble de squelettes de baleines sur des sites haut de 6 m par rapport au niveau de la mer.

Baleines, découvertes archéologiques

Photo d'une des baleines découverte.

Cette île est la cible de scientifiques depuis pas mal d’années car elle présente d’intéressantes caractéristiques géologiques, spéléologiques et elle est riche en biodiversité.  Ajoutons à celà le fait qu’il n’existe plus que 18 descendants d’une ancienne ethnie ayant habité l’île auparavant et contaminée par des maladies importées par les Européens.

Etant convaincu que l’île s’est soulevée suite à la fonte des glaces il y a environ 10000 ans, ils s’interrogent sur ce mystère car les ossements ne sont vieux que de quelques millénaires seulement.

Les chercheurs pourraient s’orienter vers une explication relative à la toute dernière grande montée des eaux survenue probablement  il y a environ 3000 av JC.

Pour plus de compléments, vous pouvez visiter le site sur lequel j’ai trouvé cette information : http://www2.cnrs.fr/presse/journal/3780.htm