La tour de Babel a-t-elle existé ?

Prospectus "Turris Babylonica" de la section Cinquantenaire des Musées Royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles. Photographie.

Nous connaissons tous le célèbre récit de la tour de Babel qui est responsable de multiplication des langues sur Terre. Mais est-ce juste un mythe ? A-t-il une origine autre que biblique ? Finalement peut-on envisager que ce récit est plus qu’une légende ? Comme toute recherche se basant sur des textes anciens il n’est jamais possible d’être exhaustif, néanmoins au travers de plusieurs textes anciens et notamment mésopotamiens, il nous est possible de corroborer ce fait par de nombreux canaux divers et de découvrir davantage sur l’origine des langues au travers des mythologies et religions.

Le récit de la tour de Babel se trouve dans l’ancien testament (Genèse 11). Le passage n’est pas très long, il est retranscrit ci-dessous :

« Tout le monde se servait d’une même langue et des mêmes mots. Comme les hommes se déplaçaient à l’orient, ils trouvèrent une vallée au Pays de Shinéar et ils s’y établirent. Ils se dirent l’un à l’autre : ‘Allons ! Faisons des briques et cuisons-les aux feu !’ La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Ils dirent : ‘Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons-pas dispersés sur toute la terre !’
Or Yahvé descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Et Yahvé dit : ‘Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue, et tel est le début de leur entreprises ! Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Allons ! Descendons ! Et là confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres.’ Yahvé les dispersa de là sur toute la surface de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. Aussi la nomma-t-on Babel, car c’est là que Yahvé confondit le langage de tous les habitants de la terre et c’est là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre. »
(Bible de Jérusalem, genèse 11 : 1-9)

De tous les textes mésopotamiens, nous n’avons pas retrouvé de retranspositions parfaites de ce passage. Néanmoins certains récits s’y apparentent et le complètent. Citons dans un premier temps un texte découvert dans les vestiges de l’ancienne cité de Babylone. Cette inscription nous décrit la reconstruction de l’Etemenanki par le roi babylonien Nabopolassar (BOST H., 1985). Nous y apprenons que cet Etemenanki, la tour à étage de Babylone, avait été détruite et était en ruines. Sur ordre de Marduk, elle devait être reconstruite par Nabopolassar « pour assurer son fondement dans le sein du monde inférieur et son sommet, et pour la faire semblable au ciel ». Les principaux points communs entre le récit biblique de la Tour de Babel et ce récit de Nabopolassar (BOST H., 1985) :

1) la fabrication de briques et leur cuisson,
2) l’utilisation de bitume pour jointoyer
3) et surtout la mention semblable au ciel qui s’apparente au verset 4 de la genèse : « une tour dont le sommet pénètre les cieux » et parfois traduite selon d’autres traducteurs « et sa tête est dans le ciel ».

Les historiens sont certains que la tour de Babel est bien la ziggourat découverte à Babylone ou du moins ce qu’il en reste et qui portait le nom de Etemenanki (« maison du fondement du ciel et de la terre »). On peut faire la correspondance entre Babel et Babylone, dont le nom fut fut donné par la première fois par les grecs. Babylone porte le nom en sumérien de Ka-Dingir-ra et Bab-ili en akkadien (signifiant « porte de dieu » ou « porte des dieux »). Cette tour était associée à l’Esagil, un sanctuaire dont les vestiges ont été découverts à proximité de ceux de l’Etemenanki.

Une célèbre tablette découverte à Uruk appelée la « Tablette de l’Esagil », écrite en 229 avant notre ère,  décrit très précisément les dimensions de la ziggourat de Babylone : à savoir 3 x 60 coudées par côté ce qui équivaut à environ 90 mètres environ. Ces dimensions confirment les découvertes réalisées par des fouilles allemandes sur les vestiges de Babylone (ISELIN C.). L’Esagil était un temple dont la forme peut faire penser à un L. C’était la demeure de Marduk dont les descriptions lui donnaient notamment le nom de « montagne des contrées » ou de « palais des dieux ». La tablette de l’Esagil précise que le nombre d’étages de cette tour était de 8 (7 selon Hérodote).

Tablette de l'Esagil localisée au Musée du Louvre. Source : http://communaute.louvre.fr/louvre/ tablette-dite-de-lesagil.

Un texte très connu appelé « Enûma Eliš » décrit la construction de la tour à étage de Babylone dans ses premiers temps. Ce poème babylonien de la création a été découvert à Ninive. Il fait l’éloge de Marduk qui était le roi du ciel et de la terre. Les Dieux Annunaki prennent la décision de créer un sanctuaire dédié en l’honneur de Marduk. Il s’adrèssent à lui :

« ‘Faisons le Sanctuaire dont le Nom a été prononcé par toi !
Tes appartements seront notre étape : nous y prendrons repos !
Jetons-les-bases de ce Sanctuaire, où sera installé notre Divan :
Chaque fois que nous y viendrons, nous y prendrons repos !’
Marduk, lorsqu’il eut ouï cela, ses traits brillèrent infiniment,
Tel le plein-jour : ’Faites donc Babylone, (dit-il),
Puisque vous en voulez assumer le travail !
Que soit apprêté son briquetage, puis dressez son faîtage !’
Les Anunnaki creusèrent le sol de leurs houes,
Et, une année durant, ils moulèrent des briques ;
Puis, à partir de la seconde année,
De l’Esagil, réplique de l’Apsû, ils élevèrent le faîte.
Ils construisirent de même la haute Tour-à-étages de ce nouvel Apsû.
Et ils y aménagèrent un Habitacle pour Anu, Enlil et Éa.
Alors, en majesté, il y vint prendre place devant ces derniers.
Depuis le pied de l’Ešarra. on en pouvait contempler le pinacle !
Une fois parachevée l’œuvre de l’Esagil, tous les Anunnaki
Y aménagèrent leurs propres Lieux-de-culte :
Trois-cents Igigi du Ciel, et six-cents avec ceux de l’Apsû y étaient rassemblés, au total !
Le Seigneur, dans le Lieu-très-auguste qu’ils lui avaient édifiés pour Habitacle,
A son banquet invita les dieux, ses pères »
(BOTTERO J. & KRAMER S. N., 1993)

Un autre texte très ancien est à lier au récit de la Tour de Babel quant à l’origine des langues : « Enmerkar et le seigneur d’Aratta ». Ce texte découvert en 6 exemplaires a été étudié par S. N Kramer et (Lambert M, 1955). Il confirme l’idée selon laquelle le monde était régi dans un premier temps dans une seule langue. Il raconte la lutte de pouvoir entre le Seigneur d’Aratta et Enmerkar. Celui-ci souhaite bâtir divers temples dont le temple d’Abzu de la cité d’Eridu.

« Autrefois, il n’y avait ni serpent ni scorpion,
Il n’y avait ni hyène ni lion,
Il n’y a avait ni chien sauvage ( ?) ni loup,
Il n’y avait ni frayeur ni terreur,
L’homme n’avait pas de rival,
En ces jours, le pays de Shubur et d’Hamazi,
Sumer au langage harmonieux ( ?), le puissant pays des décrets princiers,
Uri, le pays qui a tout ce qu’ul faut ( ?)
Le pays de Martu, reposant en sécurité,
L’univers entier, les peuples à l’unisson ( ?)
A Enlil, en une seule langue…
Alors a-da le seigneur, a-da le prince, a-da le roi
Enki a-da le seigneur, a-da le prince, a-da le roi
A-da le seigneur, a-da le prince, a-da le roi
Enki, le seigneur de l’abondance (dont) les commandements sont dignes de confiance
Le seigneur de la sagesse, qui comprend le pays,
Le chef des dieux, rempli de sagesse, le s(eigneur) d’Eridu,
Changea le discours dans leur bouche, (apporta ( ?) en lui la discorde.
(Enmerkar et le Seigneur d’Aratta, BOST H., 1985).

Dans Enmerkar et le Seigneur d’Aratta, c’est Enki qui apporte la discorde entre les peuples du monde, alors que c’est Yavhé qui est traditionnellement considéré comme le responsable dans plusieurs versions du récit de la tour de Babel. Dans le Targum (la traduction de la bible hébraïque en araméen), des anges sont chargés par Dieu de provoquer des tensions entre les peuples en leur apportant chacun une nouvelle langue et une écriture. Un extrait assez évocateur nous explique cette tragédie :

«  Alors Yahvé dit aux soixante-dis anges qui se tiennent devant lui : ’venez donc ! Descendons pour confondre là-bas leur langage pour qu’ils n’entendent plus la langue les uns des autres’. La parole de Yahvé se manifesta sur la ville et avec lui les soixante-dix anges correspondant aux soixante-dix peuples, chacun ayant avec lui la langue de son peuple et dans sa main les caractères de son écriture. Il les dispersa de la surface de la terre en soixante-dix langues : l’un ne pouvait plus savoir ce que l’autre voulait dire et ils se tuaient entre eux et ils cessèrent de bâtir la ville ».
(BOST H., 1985).

D’autres documents juifs décrivent sous de nouveaux aspects la construction et la destruction de la Tour de Babel. Citons un passage du Livre des Jubilés (Jub 10 : 18-27), un pseudépigraphe qui se prétend être la révélation secrète de l’ange de la Divine Présence à Moïse. Le récit biblique de la tour de Babel y est repris en partie mais on y retrouve des modifications, des additions et des développements. La Tour est détruite par l’intervention du Seigneur qui fit souffler un vent puissant contre elle.

Le Talmud qui est un des textes fondamentaux du judaïsme rabbinique évoque également la construction de la tour. Les raisons qui ont poussé à cette édification sont : monter au ciel pour y demeurer, monter au ciel pour y pratiquer l’idolâtrie ou soit pour y faire la guerre à Dieu (étonnant pour un être « non matériel »). Dieu répondra par diverses actions : les hommes vont être dispersés, il va confondre la langue des hommes et pour les derniers ils vont être transformés en singes, en spectres ou en démons. Dans le Midrach (étude approfondie de textes bibliques qui commentent plusieurs versets), l’intervention de Dieu a pour effet d’enfouir un tiers de la tour, d’en détruire un tiers par le haut, et de laisser le tiers central comme vestige. La confusion des langues va engendrer la mésentente, la violence et le meurtre. Ces conséquences sont également invoquées dans des textes plus récents, tel que le IIIème livre des Oracles Sibyllins (lignes 97-110) :

« Or quand ce fut le moment de s’accomplir pour les menaces que le Grand Dieu avait proférées jadis contre les mortels lorsqu’ils avaient entrepris d’édifier une tour au pays d’Assyrie (ils étaient tous de même parler et voulaient s’élever jusqu’au ciel étoilé), l’Immortel aussitôt chargea les souffles de l’air d’une grande violence et ces vents jetèrent à bas la grande tour et excitèrent entre les hommes une mésentente mutuelle : voilà pourquoi les mortels donnèrent le nom de Babylone à la ville.
Lorsque la tour fut tombée et que les langues des hommes furent altérées en parlers de toute espèce, toute la terre se remplit de rois locaux. C’était alors la dixième génération d’hommes sortis du sol, depuis que le déluge s’était abattu sur les premiers humains. Et Cronos, Titan et Japet (père de Prométhée) devinrent rois… »
(BOST H., 1985).

Je terminerai ce petit tour non exhaustif concernant les textes apparentés ou liés à la tour de Babel avec le manuscrit écossais Dumfries N° 4 de 1710. Ce manuscrit franc-maçonnique est daté par le British Museum au début du XVIIIème siècle. Bien qu’il soit très récent, il apporte des informations en concordances avec les récits cités ci-dessus. Nous y apprenons que c’est Nemrod qui va enseigner aux hommes les techniques permettant la construction de la Tour de Babylone. Ce personnage biblique présente des caractéristiques qui le rapprochent selon moi de Thôt ou d’Imhotep. Dans le manuscrit Dumfries N°4, on décrit Nemrod comme suit : « puissant devant le Seigneur ». Avec les particules akkadiennes et sumériennes, on peut également confirmer ce sens : NÈ-EM-RU-UD : « la puissante tempête à la lumière du Seigneur ».

« Après le déluge, le grand Hermorian fils de Cush et Cush était le fils de Cham, second fils de Noé fut appelé ‘le père de la sagesse’, car il trouva ces colonnes après le déluge avec les sciences inscrites dessus : il les enseigna, lors de la construction de la Tour de Babylone, où il fut appelé Nemrod ou ‘puissant chasseur devant le Seigneur’ .
Nemrod pratiqua la maçonnerie à la demande du roi de Ninive son cousin. Il créa des maçons et les recommanda au seigneur du pays pour construire toutes sortes de constructions alors en vogue, et il leur enseigna des signes et des attouchements pour qu’ils puissent se reconnaître. »
(Traduction provenant du site de PRESTON W. : http://wp.logenationalefrancaise.org)

Au regard des croyances anciennes et de l’archéologie, il nous est possible d’admettre que la tour de Babel a bien existé et qu’elle fut localisée à Babylone. Les textes relatant ses dimensions ne sont pas tous unanimes sur la hauteur, nous laissant suggérer que cet édifice n’a peut-être jamais connu la hauteur à la quelle elle devait être construite. La destruction de cette tour est rendue responsable notamment par le passage d’une langue unique à une multitude. Il n’est pas impossible de retrouver dans cette histoire un reflet de la création de nouvelles langues anciennes au départ du sumérien ou de l’akkadien, l’étude des langues anciennes nous confirmant celà.

Sources bibliographiques :

- BOST H., 1985. Babel. Du texte au symbole. Labor et Fides, Genève. 268 p.

- BOTTERO J. & KRAMER S. N., 1993. Lorsque les dieux faisaient l’homme. Editions Gallimard. 755 p.

- CHAVALAS M. W., 2006. The Ancient Near East : historical sources in translation. Blackwell Publishing, USA. 445 p.

- CHIFFLOT T-G., 1955. La Bible de Jérusalem. L’Ecole biblique de Jérusalem. 2117 p.

- DIEULAFOY M., 1914. Le temple de Bêl Mardouk à Babylone. Note complémentaire. Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Volume 58, numéro 4. pp. 437-444.

- ISELIN C. Tablette dite de l’Esagil. http://communaute.louvre.fr/louvre/tablette-dite-de-lesagil. le 29/03/2011.

- LAMBERT M., 1955. Le jeu d’Enmerkar. Syria. Volume 32, numéro 32-3-4. pp. 212-221.

- PARROT A., 1970. Bible et archéologie ; 1: Déluge et arche de Noé. (4e éd. complétée.), 2. La tour de Babel. (3e éd. complétée). Delachaux & Niestlé, Paris. 123 p.

- PRESTON W. Le manuscrit Dumfries n°4. Loge d’étude et de recherche. http://wp.logenationalefrancaise.org/Documents_Dumfries.htm. le 20/03/2011.

- SEUX M.-J., 1976. Hymnes et prières aux dieux de Babylone et d’Assyrie. Littératures anciennes du Proche-Orient. Les éditions du cerf, Paris. 558 p.

Les origines du déluge

Le déluge a fait couler beaucoup d’encre, un bateau et un rescapé ont trouvé écho dans quasi toutes les mythologies du monde. L’un des récits le plus connus est celui de la Genèse, pourtant les très nombreuses versions étudiées dans cet article (pour certaines beaucoup plus anciennes) nous permettent de reconsidérer sous divers angles son récit moralisateur et de redécouvrir les véritables causes du déluge.

En Genèse 6:5-9, Yahvé envoie le déluge car les hommes sont mauvais de nature et il regrette de les avoir créés :

« Yahvé vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre et que son cœur ne formait que de mauvais desseins à la longueur de journée. Yahvé se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre et il s’affligea dans son cœur. Et Yahvé dit : «  je vais effacer de la surface du sol les hommes que j’ai créés – depuis l’homme, jusqu’aux bestiaux, aux bestioles et aux oiseaux du ciel -, car je me repens de les avoir faits ». (Bible de Jérusalem).

On se rend compte très vite en étudiant les variantes des autres mythologies, que Yavhé est un terme qui regroupent plusieurs divinités. Dans la 11ème tablette de l’épopée de Gilgameš découverte à Ninive en Irak, Uta-napištî lui dévoile le récit du déluge. On apprend qu’un groupe de dieux ont décidé de lancer le déluge :

« Je vais te confier un secret des dieux !
Tu connais la ville de Šuruppak,
Sise [sur le bord] de l’Euphrate,
Vieille cité, et que les dieux hantaient.
C’est là que prit aux grands-dieux l’envie de provoquer le Déluge :
[Les instiga]teurs en étaient Anu, leur père ;
Enlil-le-preux, leur souverain ;
Leur préfet, Ninurta, et Ennugi, leur contremaître. »
(11ème tablette de l’épopée de Gilgameš, traduction de BOTTERO J. & KRAMER S. N., 1993).

D’autres textes découverts toujours dans la Bibliothèque de Ninive nous confirment ce fait. En comparant 3 copies réalisées par des scribes assyriens sur ordre du roi d’Assyrie Assurbanibal (datant du VIIème siècle avant notre ère), on a pu recomposer un poème original dont le héro principal est ‘Hasisadra, un analogue à Noé, qui a obtenu l’immortalité des dieux. Il s’adresse à Izdhubar (Gilgameš) :

« Je veux te révéler, ô Izdhubar, l’histoire de ma conversation et te dire la décision des dieux.
La ville de  Šurippak, une ville que tu connais,
Est située sur l’Euphrate ;
Elle était antique et en elle [on n’honorait] pas les dieux.
[moi seul, j’étais] leur serviteur, aux grands dieux.
[les dieux tinrent conseil sur l’appel d’]Anou.
[Un déluge fut proposé par [Bel]
[et approuvé par Nabou, Nergal et] Ninih. »
(« Le déluge de‘Hasisadra », traduction provenant de LENORMANT F., 2001)

Cette version nous confirme très clairement qu’Anou (An le dieu mésopotamien du ciel) est le dirigeant d’un conseil. Le dieu qui a lancé l’idée est Bel, soit Enlil, le dieu des vents. Le conseil a délibéré et la décision est irrévocable malgré que le fait que le dieu Ea (dieu créateur mésopotamien) ne soit pas d’accord. Ceci est confirmé par un texte sumérien traduit pour la première fois en 1914 par Arno Poebel, dont le héro du récit est Ziusudra (nom qui signifie une fois décomposé : ZI-U-SUD-RÁ = vie de jours prolongés). Selon les listes royales sumériennes, celui-ci régna sur la cité de Šurippak citée plus haut.

«  Le Déluge [va anéantir] les agglomérations et recouvrir leur capitale,
Pour détruire la race humaine : [Ainsi en a-t-il été décidé],
Décision ratifiée par l’assemblée et irrévocable !
Ordre porté par Anu et Enlil, et [inaltérable] :
Le Royaume des Hommes [sera détruit] »
(« Le déluge de Ziusudra », traduction provenant de LENORMANT F., 2001)

Ce Ziusudra se retrouve dans une version attribuée à Bérose, un scribe chaldéen (terme qui qualifie la région située entre les cours inférieurs de l’Euphrate et du Tigre où se sont formés Sumer et Akkad). Son nom est très proche de l’original : Xisouthros. Bérose a réalisé ce récit en se basant sur des livres sacrés de Babylone. L’œuvre est perdue mais on a retrouvé 2 résumés anciens attribués à Alexandre Polyhistor (un grammairien du 1er siècle av. JC ) et à Abydène, (un écrivain de la fin du 1er siècle après JC). Cette version comprend un passage novateur : Cronos (analogue grec d’Enki/Ea) annonce en rêve le déluge à Xisouthros et lui demande d’enfouir les écrits disponibles dans la ville du soleil de Sippara. Cette version reprend des passages biens connus du déluge tels que notamment la construction du navire, le lâcher d’oiseaux, le sacrifice réalisé sur la montagne où fait escale le navire (dans cette version ils arrivent en Arménie). Les compagnons de Xisouthros qui ont survécu vont déterrer les écrits, vont fonder de nombreuses villes, bâtir des temples et reconstituer Babylone.

Toujours dans la période qui précède le déluge, divers textes nous renseignent sur les catastrophes précédant le déluge. Dans le Poème akkadien d’Atras-Hasis, un des textes les plus anciens du déluge, on apprend qu’Enlil a décidé de mettre fin à l’humanité car elle était trop bruyante. Dans les premiers temps, Enlil envoie d’abord plusieurs fléaux tels que des épidémies et une grande sécheresse mais Enki est toujours présent pour aider l’humanité. Il s’en suivra le déluge provoqué par Ninurta le fils d’Enlil qui va laisser déborder les barrages célestes et Nergal (assimilé à Osiris/Horus vengeur) qui va arracher les étais des vannes d’en haut. Le déluge des Celtes se retrouve dans un texte qui s’appelle les Triades (poésie bardiques des Cymris du pays de Galles). On compte 3 catastrophes terribles de l’île de Prydain ou de Bretagne. Une correspond à la dévastation par le feu, l’autre une grande sécheresse et la dernière une grande inondation. Seul Dwyfan et Dwyfach vont survivre grâce à un vaisseau sans agrès et vont repeupler l’île de Prydain. Divers textes de par le monde nous signalent également des de tremblements de terre et d’une obscurité généralisée à toute la terre. On peut citer à titre d’exemple le livre ses secrets de Jean un des écrits de Nag Hammadi (NH II, 1 ; IV, 1) ou le livre de Popol-vuch qui est un recueil de traditions mythologiques des indigènes du Guatemala. Dans ce livre on raconte que la terre est secouée d’un terrible tremblement de terre. Le dieu de l’orage Hourakan fait pleuvoir sur la terre une résine enflammée. On peut considérer qu’il s’agit de chutes de météorites et des effets du passage à proximité de la terre d’un astre bruyant :

«  Les eaux, soulevées par le Cœur du Ciel Houracan, bouillonnèrent et un grand déluge s’étendit à tout le créé… De la résine enflammée tombait du ciel, la face de la terre devint noire, une pluie noire tombait jour et nuit ; et il y avait dans le ciel comme le bruit d’un feu tumultueux. Les gens couraient, s’écrasaient, grimpaient sur le toit des maisons, mais celles-ci s’écroulaient sous eux ; ils grimpaient aux arbres, mais ceux-ci les secouaient ; ils se cachaient dans les cavernes, mais celles-ci les écrasaient. L’eau et le feu détruisaient tout ».
(Traduction provenant de MEREJKOVSKI D., 1995)

« Dès l’aurore, il chut des petits-pains, et des averses de grains-de-froment au crépuscule ».
(11ème tablette de l’épopée de Gilgameš, traduction de BOTTERO J. & KRAMER S. N., 1993).

Quelques textes sont assez précis quand à la succession des destructions qui ont abouti au déluge universel. Citons le codex Vaticanus (un codex maya) qui est conservé à la bibliothèque du Vatican. Ce document distingue 4 grands évènements :

1) Tlatonatiuh (« soleil de terre ») : ce sont les géants ou les Quinamés les premiers habitants de l’Anahuac qui meurent de famine.
2) Tlétonatiuh (« soleil de feu ») : période qui correspond à la descente du dieu Xiuhteuctli. En aztèque Xiuhitl signifie météore. Ce dieu du feu, parfois représenté avec un oiseau turquoise au-dessus de sa tête et associé aux météores. Les hommes vont échapper au feu destructeur en se transformant en oiseaux. Un couple d’humains trouvent asile dans une caverne et repeuplent l’univers après cette destruction.
3) Ehécatonatiuh (« soleil de vent ») : un ouragan terrible provoqué par le dieu Quetzalcohuatl. Les hommes pour la plupart vont être transformés en singes au milieu de cet ouragan.
4) Atonatiuh (« soleil d’eau ») : Il se termine par une inondation, un déluge universel. Tous les hommes vont être transformés en poisson sauf un couple qui sont sauvés dans un bateau construit dans du cyprès. Sur le Codex on représente les 2 humains préservés du déluge Coxcox et Xochiquetzal. Ils sont assis sur un tronc et ils flottent au milieu de l’eau.

Revenons sur le récit du déluge concernant Ziusudra et attachons-nous à la figure du dieu Enki/Ea : dans ce récit, Enki et Nintu sont obligés d’accepter par un serment la décision de provoquer le Déluge, étant donné qu’ils font partie du conseil. Les textes de Ras Shamra (ancienne cité d’Ugarit) nous on livré également un récit intéressant du déluge, bien qu’il soit fragmentaire. Il nous précise la nature du serment fait par Ea : il est dit qu’ « il s’était engagé à ne rien dire à âme qui vive ». Cette raison peut expliquer dans une certaine mesure pourquoi Enki/Ea/Cronos prévient le Noé du déluge dans un songe. Il prévient en rêve Ziusudra/‘Hasisadra ou Uta-napištî de l’éminence du déluge afin qu’il construise un bateau lui permettant de survivre lui, sa famille, d’autres êtres humains, des animaux et des plantes variées. Ce rôle de poisson, nous le retrouvons notamment dans le Catapata Brâhmana (I, VIII, 1), un texte sacré de l’hindouisme qui évoque également le déluge. Ce texte a été traduit pour la première fois par M. Max Müller. Il nous relate la rencontre de Manu avec un poisson qui lui demande de le protéger en échange d’être sauvé du déluge. Ce poisson qui grandit de jour en jour est placé successivement du vase, à un grand bassin et finalement dans l’océan. Dans l’année même où il aura atteint sa taille maximale, le déluge surviendra. Il demande à Manu de construire un vaisseau et de l’adorer. Une fois le déluge initié, le poisson tire le vaisseau avec ses cornes, permettant ainsi à Manu de passer par-dessus la « montagne du Nord ».

Ce poisson évoque très clairement le serpent aquatique Vritra (voir les Veda) qui fut vaincu par Indra (Enlil/Zeus) et ses compagnons appelés les Marut (au nombre de 49). Vritra tout comme Osiris (Ea/Enki) renaîtra en un serpent céleste. On qualifie Vritra de serpent du ciel, de nuage orageux qui s’allonge en rampant dans les airs. Indra frappe Vritra de son foudre et en le déchirant il donne libre cours aux eaux qui étaient enfermées dans ses flancs. La taille du serpent des airs est déterminante : l’astre orageux et perturbateur s’est rapproché de la terre et une fois suffisamment proche de celle-ci il émerge de l’océan (une image pour expliquer la montée d’un astre dans le ciel à partir de l’horizon) provoquant ainsi un raz-de-marée gigantesque.

Dans l’Edda, un recueil poétique de la mythologie nordique, on retrouve également cette symbolique dans la figure du serpent Jormungand. Le Ragnarök, la grande bataille des dieux nordiques, est annoncé par 3 années de guerre suivies d’un hiver très rude de 3 ans. Il s’en suit un terrible tremblement de terre qui brisera tous les liens. Le loup Fenrir est alors délivré de ses chaînes. Jormungand est le serpent qui provoquera le raz-de-marée sur terre et qui détruira tout. Ce serpent fut jeté dans l’océan lorsqu’il était petit. Après ce déluge, le couple Lif et Lifthrasir donnera naissance à la nouvelle lignée humaine qui repeuplera le monde. Jormungand est un serpent qui enserre Midgard de ses terribles anneaux. Ce reptile croit sans cesse (tout comme le loup Fenrir) et il devient si grand qu’il finit par se mordre la queue et entourer la terre de ses anneaux. Ce serpent vit au fond de la mer. Jormungand grandit aussi vite que son frère Fenrir. Ce dernier est un loup géant. Un des ses fils est un astre destructeur qui détruira l’humanité, comme le démontre très clairement le texte ci-dessous :

(Völuspá 40-41)
« A l’est habite la vieille
Dans la forêt du fer,
Et là elle met au monde
Les enfants de Fenrir.
Parmi eux tous,
L’un deviendra,
Sous la forme d’un monstre,
De l’astre le destructeur.
Il se rassasiera du sang.
Des hommes à la mort voués.
Il rougira de sang pourpre
La demeure des dieux.
Noirs deviendront les rayons du soleil
Tout au long des étés suivants,
Et terribles seront les tempêtes.
En savez-vous davantage, vraiment ? »

(Source : DILLMANN F-X., 1991)

Citons encore le mythe de Labbu (provenant encore d’une autre tablette de la Bibliothèque d’Assurbanipal à Ninive), un monstre aquatique à la fois un serpent et lion qui est chargé de détruire l’humanité sous l’ordre d’Enlil. Ce monstre est tué par Tišpak qui est chargé de sauver la terre et destiné à reprendre les rennes du pouvoir. La queue de Labbu balaye le tiers des étoiles. Ce mythe nous permet de conclure que 2 entités ne font qu’une seule. Il s’agit en fait des 2 visages d’une même entité destructrice : le loup/lion et le poisson/serpent qui provoqueront 2 destructions de nature différentes. Ces 2 entités ne font qu’une seule. Elles donneront naissance à 2 forces destructrices : le loup qui a brisé ses chaînes et qui a libéré sa colère et le serpent qui a atteint sa taille maximale et qui provoque le déluge.

Le faucon et le phénix sont également les 2 symboles d’un dieu colérique égyptien : Horus. Sous ses 2 aspects il est l’étoile du matin et l’étoile du soir. L’âme d’Osiris voyage à travers l’univers il renaît sous les traits d’Horus le faucon qui apporte la chaleur d’un 2ème soleil. Lorsqu’il retourne vers sa demeure, il est le phénix qui annonce le retour de la pluie. Le premier passage perturbateur aurait provoqué le déluge universel qui aurait détruit l’Atlantide. Une partie des rescapés se seraient réfugiés en Egypte comme le laisse penser le livre des morts égyptiens. Au chapitre 17, Nephtys participe au rapatriement des rescapés du déluge vers l’Egypte :

(ligne 43-48)

« Les générations cadettes sauvées pour repeupler une multitude dans le ‘Lieu du dessus-des-Eaux’ par Dieu à cet effet, les faisant arriver en deux populations meurtries et épuisées sur les terres promises que Dieu avait sauvé de l’eau dans sa Bienveillance à leur intention. Louées soient-elles, ces générations, en leur nom de ‘Survivants du Déluge!’, ainsi qu’en leur deuxième nom de ‘fils de la Triade du Couchant’ qui parviennent en la demeure de l’Alliance ». (Traduction d’Albert Slosman en 1979)

Le serpent destructeur est connu notamment sous le nom de Marduk. Ce dieu est invoqué notamment dans le célèbre poème de l’Enûma Eliŝ, l’Epopée babylonienne de la Création découverte à Ninive. Il dit que Marduk est l’enfant soleil d’Enki. C’est un dieu vengeur (tablette 3 ligne 10) tout comme Horus. Il est responsable du Déluge : il déchaîne les vents (tablette IV, ligne 96-99), qui s’engoufrent dans la bouche de Tiamat. Celle-ci éclate sous l’effet d’une flèche envoyée par Marduk. Il utilise les morceaux du corps de Tiamat pour façonner le monde. Le Poème d’Erra (un poème babylonien) complète le rôle de cette divinité dans le rôle d’un astre perturbateur. Je n’en m’en étais pas rendu compte tout de suite, mais je ce poème est une clé essentielle pour comprendre un pan entier de l’histoire des mythologies. Ce poème décrit d’une manière très précise le départ de Marduk de sa résidence ce qui a pour conséquence de provoquer le déluge. Marduk est le lien de l’univers et s’il quitte à nouveau sa résidence, l’univers se disloquera, ce qui provoquera un nouveau déluge.

« Le roi des dieux, ayant ouvert la bouche, prit la parole
Et adressa ce discours à Erra, le champion des dieux :
«Erra-le-preux, touchant l’opération que tu suggères,
Sache que déjà autrefois, pour avoir quitté ma résidence, à la suite d’une colère, j’ai provoqué le Déluge !
A peine avais-je quitté ma demeure que le lien de l’univers se défit :
Le ciel en ayant été ébranlé, des étoiles célestes la position changea sans qu’elles pussent reprendre leur place ;
L’Irkallu-infernal ayant bronché, le produit des sillons s’amenuisa, rendant désormais difficile la subsistance ;
Le lien de l’univers défait, la nappe-souterraine baissa et le niveau des eaux descendit !
A mon retour je vis comme il était malaisé de tout raccommoder !
Le croît des êtres vivants était tombé, et je ne pus le restaurer
Sans me charger, en personne, comme un paysan, de leur réensemencement !
Je fis donc reconstruire mon temple, pour m’y réinstaller.
Or, ma précieuse-image, maltraitée par le Déluge, avait son aspect terni !
Pour faire rebriller mes traits et nettoyer ma tenue, je recourus au feu.
Lorsqu’il eut achevé son travail et fait (à nouveau) resplendir ma précieuse-image,
Et que, m’étant recoiffé de ma couronne impériale, je fus revenu à ma place,
Mes traits étaient altiers, mon regard fulgurant !
Les hommes qui, échappés au Déluge, ont été les témoins de cette opération,
Te laisserai-je tirer les armes pour en anéantir la descendance ? »
(Le poème d’Erra, traduction provenant de LENORMANT F., 2001)

Marduk prévient Erra qu’autrefois pour avoir quitté sa demeure il a provoqué le déluge. Ce poème est étonnant dans le sens où il précise que le déluge peut se répéter une seconde fois.  Lorsque Marduk remplace Enlil dans l’Esagil, Erra lui promet qu’il peut à nouveau quitter sa demeure sans provoquer de déluge. Marduk le croit et des nouvelles catastrophes naturelles s’abattent sur terre. Le texte décrit les nombreuses destructions des villes de la Mésopotamie. On explique que Babylone est soumise à une révolte de la population « contre le gouverneur ». Nous retrouvons d’une manière très insistante l’arrogance et la violence d’Erra à la suite de ce bouleversement qui se considère alors comme le dieu unique et le maître du monde. Le poème d’Erra n’est pas le seul texte mythologique qui nous dévoile qu’il y a eu plusieurs grandes destructions sur terre. Le Codex mexicain Telleriano Remensis indique que la destruction du monde eu lieu 3 fois.

« Une fois tous les 4 ans, il y a un jeûne de 8 jours, en mémoire de ce que le monde a péri 3 fois. » (LENORMANT F., 2001).

A la vue des différents récits du déluge, on constate qu’ils s’orientent de manière quasi universelle sur la construction d’une embarcation chargée de sauver Noé et une partie des êtres vivants de la terre. Les causes qui sont invoquées telles que la méchanceté de l’homme, le non respect des dieux sont souvent de nature à culpabiliser l’homme. Elles ont tendance également à considérer les récits comme moralisateurs et permettent d’une certaine manière d’écarter les véritables questionnements sur l’origine céleste de cette catastrophe. Il faut probablement lier en partie un oubli de l’humanité sur les récits du déluge, étant donné la quasi destruction de l’espèce humaine. De plus comme le signale les nombreux textes, Noé fut écarté de l’humanité ce qui ne lui permis pas à la nouvelle humanité de comprendre les mécanismes célestes du déluge.

L’implication de Vénus reste encore à l’actuelle une idée nouvelle, peu considérée par les scientifiques. Les raisons traditionnelles pour expliquer le déluge évoquent notamment le volcanisme, la venue sur terre d’un astéroïde gigantesque et encore la précession des équinoxes comme explication des périodes de glaciation et de dégel. Néanmoins la théorie qui implique un changement d’orbite de Vénus et son implication dans plusieurs déluges a pour mérite de reconsidérer les mythologies qui sont encore à l’heure actuelle trop peu envisagées comme piste de recherche, au regard des informations qu’elles contiennent sur nos origines. C’est pour quoi l’étude approfondie des textes anciens combinée à la méthodologie scientifique mérite toute notre attention. Cet article n’a pour effet qu’une pierre lancée dans un vaste océan tant les sources sont nombreuses et variées. Je ne pourrais pas m’attarder ici plus longtemps, le temps me fait défaut, et il y a encore tant d’autres faits importants à éclaircir. Néanmoins il a de fortes chances pour que de nouvelles recherches m’amènent encore à compléter dans de nombreux nouveaux articles cette vision nouvelle, tant les mythes du monde tournent autour de ce cataclysme…

Sources bibliographiques

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- AUERBACH L & al., 2004. Encyclopédie de la Mythologie. Parragon Books Ltd, Royaume-Uni. 320 p.

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- DILLMANN F-X., 1991. L’Edda, récits de mythologie nordique par Snorri Sturluson. Gallimard, Paris. Pp. 41-42.

- DOMENY DE RIENZI G-L., 1836. Océanie ou 5ème partie du monde : revue géographique et ethnographique de la Malaisie, de la Micronésie, de la Polynésie, et de la Mélanésie ; offrant les résultats des voyages et des découvertes de l’auteur et de ses devanciers, ainsi que ses nouvelles classifications et divisions de ces contrées. Volume 2. Firmin Didot, Paris. 447 p.

- DURAND-FOREST J. & SOUSTELLE J., 1995. Mille ans de civilisations mésoaméricaines : Des Mayas aux Aztèques. L’Harmattan. 268 p.

- FAIVRE D., 2007. Mythes de la genèse, genèse des mythes. L’Harmattan. 281 p.

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- MABIRE J., 1999. La légende de la mythologie nordique. Ancre de Marine, Louviers, France. 277 p.

- MEREJKOVSKI D., 1995. Atlantide-Europe : les mystères de l’Occident. Body, Mind & Spirit. 417 p.

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- PARKS A., 2007. Les chroniques du Gírkù. Ádam Genesis. Editions Nouvelle Terre. 516 p.

Le lion, un symbole de Vénus

Le lion est un animal connu pour sa force et sa puissance ; il est aussi susceptible, belliqueux, voire sanguinaire. Pour ses caractéristiques, le lion fut un symbole de prédilection pour représenter Vénus, planète qui a boulversé la face du monde il y a des millénaires. L’importance du lion dans les mythologies est très ancienne : en sumérien on le désignait par « Urmah », Ur-mah signifiant chien puissant. La naissance de Vénus est très souvent représentée sur les murs des temples ou des tombes égyptiennes par 2 lions qui se font face. La naissance d’Horus le vengeur est symbolisée par un soleil (Vénus) émergeant des collines primordiales et entre 2 lions.

Naissance d'Horus

Double lion égyptien, symbole de l'Etoile du matin et de l'Etoile du soir (Vénus). Cette figure représente la naissance d'Horus.. Localisé au Louvre. Source : http://egypte.web361.fr/index.php?lettre=a&entree=ay-ay-ai-eje.

Une des plus belles métaphores utilisée pour symboliser l’apparition de Vénus dans le ciel nous parle d’un lion Ashtar (dieu phénicien) responsable de la mort d’une antilope symbolisant l’humidité de la nuit. Cette attaque est suivie de la chute d’Ashtar dans les enfers par les 2 serviteurs du taureau Él (très souvent représentés dans les sceaux phéniciens par des griffons). Ce lion mort renaît le soir lorsqu’il tue le Taureau Él et porte le nom d’Ashtart (parèdre d’Ashtar).  Ce mythe symbolise donc l’apparition de Vénus dans le ciel au moment de l’aurore. Elle perd son éclat lors de l’apparition du Soleil (Shapash). Elle renaît le soir lorsque le soleil atteint l’horizon. La tablette III AB, C de Ras Shamra (célèbre cité syrienne appellée Ugarit) nous synthétise la chute d’Ashtar tué par les serviteurs de Él, à l’aurore :

15. [Voici que va paraître] Shapash (déesse du soleil Špš), le flambeau des dieux. Elle s’élève la voix et [crie] (à Ashtar) : ‘Ecoute bien !
16. Il se vengera, le Taureau Él, ton père, à la face du Prince-Mer (le dieu Yam), à la face du Juge-Fleuve (autre nom de Yam).
17-18a. Il ne t’écoutera pas le Taureau Él, ton père : certes, il arrachera le support de ton siège ; certes, il renversera [le trône] de ta royauté ; certes, il brisera le sceptre de ta juridiction’.
Ashtar sait sans doute que l’arrêté de Él est, comme on le lui dit, sans appel, et il s’y soummet immédiatement. Il n’oppose aucune résistance.
18b. Et Ashtar répond :
19. ‘Il m’a saisi, le Taureau Él, mon père. Moi [je n’ai pas] de maison pour moi [comme] les (autres) dieux, de parvis [comme les (autres fils de
20. Qa]desh (Ashérat). En lion, je descendrai dans ma tombe (npš). Les étoiles-Kṯrm disparaissent dans la mai[son du Prince]-
21. Mer, dans le temple du Juge-Fleuve. Il se venge le Taureau Él, son père à la face du Prince-Mer,
22. à la face du Juge-Fleuve.’ Tu n’auras pas de pouvoir pour la royauté, ni de femme pour toi comme les (autres) dieux,
23. ni de servante comme les (autres) fils de Qadesh (Asherat). Et le Prince-Mer [(te) regardera], et le Juge-Fleuve [(t’) observera], et il dira :’Ashtar…’ »

(Traduction provenant de DU MENSNIL DU BUISSON R., 1970. Etudes sur les dieux hérités par l’Empire romain. E. J. Brill, Leiden, Netherlands).

Ce texte a sa correspondance exacte dans la Bible en Isaïe 14:12. Le terme utilisé pour qualifier l’Etoile du matin est Heylel en hébreux. Ce porteur de lumière est appelé Lucifer en latin (« Lux » ou « Luci » signifie lumière et « fer » porteur) et Phosphoros en grec.

12. « Comment es-tu tombé du ciel,
Étoile du matin (traduction du mot hébreux Heylel), fils de l’aurore ?
As-tu été jeté à terre,
Vainqueur des nations ?
13. Toi qui avais dit dans ton cœur :
‘J’escaladerai les cieux,
au-dessus des étoiles de Dieu j’élèverai mon trône,
je siégerai sur la montagne de l’Assemblée,
aux confins du spetentrion.
14. Je monterai au sommet des nuages,
je m’égalerai au Très-Haut.’
15. Mais tu as été précipité au shéol,
dans les profondeurs de l’abîme. »

16. « Est-ce bien toi qui faisait trembler la Terre,
qui ébranlait les Royaumes?
17. Il a réduit le monde en désert,
rasé les villes,
il ne renvoyait pas chez eux les prisonniers.
18. Tous les rois des nations, tous, reposent avec honneur,
chacun chez soi.
19. Toi, on t’a jeté hors de ton sépulcre,
comme un rameau dégoûtant,
au milieu des gens massacrés,
transpercés par l’épée,
jetés sur les pierres de la fosse,
comme une charogne foulée aux pieds. »
20. Tu ne leur seras pas uni dans la tombe,
car tu as ruiné ton pays,
fait périr ton peuple.
Plus jamais on ne prononcera le nom
de la race des méchants.
21. Préparez le massacre de ses fils
pour la faute de leur père.
Qu’ils ne se lèvent plus pour conquérir la terre
Et couvrir de villes la face du monde. »

Tout comme Heylel, Ashtar est soummis à un jugement qui lui fait perdre son sépulcre et l’oblige à descendre en temps que lion dans sans tombe (le Shéol pour Heylel). Le texte d’Isaïe nous permet de constater que ce lion a ruiné son pays, a fait périr son peuple. Ses enfants doivent également rester dans le monde du dessous comme les étoiles-Kṯrm d’Asthar.

Ce terme de « porteur de lumière » est équivalent à celui du dieu phénicien Resheph qu’on qualifie de « portier du soleil » (LIPINSKI E., 1995).  Son nom se retrouve sous différentes formes dans les textes et noms qui accompagnent sa représentation : en phénicien Ršp, en cunéiforme Ra-sa-ap ou Ra-ša-ap, ou Ršp en égyptien. Avec le syllabaire suméro-akkadien nous pouvons traduire Rasaap phonétiquement par RÁ-SÁ-AB : « le père qui guide et qui brille » ou  RÁ-ŠA-AB : « le père brillant qui assèche ». Il est représenté habituellement dans la posture d’un pharaon frappant ses ennemis, le pied gauche en avant, le bras droit brandissant une arme. Resheph est un dieu redoutable et belliqueux, caractère du lion sur lequel on peut parfois le retrouver. Son parèdre peut parfois être représentée dans la même attitude combattante. L’attribut de Resheph est également l’arc comme l’indique une référence de la cité syrienne Ugarit : « Resheph l’archer ». Dans la Bible (Dt, 32:23-24). ce dieu est un génie destructeur au service de Yavhé.

« J’accumulerai sur eux les fléaux,
J’épuiserai contre eux mes flèches.
Une fois consummés par la famine
Et attaqués par Resheph
c’est Qatéb venimeux et la dent des bêtes
que j’enverrai contre eux
avec le venin des reptiles de la terre ».

En Palestine, Resheph est vénéré à Apollonia – Arsūf (nom en arabe), ce qui laisse suggérer que ce dieu est lié à l’Apollon grec. A Chypre, le dieu Resheph dieu-archer a fusionné avec lui. Un des surnoms d’Apollon est Phoebus. Tout comme Heylel il fut banni de la montagne des dieux appelée Olympe dans la mythologie grecque. Il avait comploté contre Zeus.

Marduk nous livre de précieuses informations sur le premier grand passage de Vénus, celui qui a provoqué le grand Déluge. Dans l’Enûma Eliŝ, l’Epopée babylonienne de la Création on dit que Marduk est l’enfant soleil d’Enki. C’est un dieu vengeur (tablette 3 ligne 10) tout comme Horus. Il est responsable du Déluge : il déchaîne les vents (tablette IV, ligne 96-99), qui s’engoufrent dans la bouche de Tiamat. Celle-ci éclate sous l’effet d’une flèche envoyée par Marduk. Il utilise les morceaux du corps de Tiamat pour façonner le monde. Dans le poème d’Erra, nous apprenons qu’Erra va enflammer la colère de Marduk, l’éloigner de sa demeure et détruire les hommes. Marduk va provoquer le Déluge mais également déstabiliser les étoiles. Son apparence va être altérée et il restaurera son image par le feu. En l’absence de Marduk (qui a perdu son éclat), Erra est chargé de combattre Enlil et Anu. Une autre version concernant Marduk est conservée dans le poème d’Erra. Le dieu du Soleil Erra invoque le retour de Vénus, ce qui permet à Erra de devenir le roi des dieux :

«Lorsque Marduk eut entendu les propos d’Erra, ils lui semblèrent délicieux. Il (Marduk) quitta sa demeure impénétrable et il alla vers celle des Anunnaki. Lorsqu’il (toujours Marduk) fut entré et qu’il se tint [face à eux], Šamaš (le soleil) obscurcit ses rayons en le voyant. Sîn (la lune) fixait ailleurs […] Les mauvais vents se soulevèrent, transformant le jour en ténèbres et [bousculant] l’ensemble de la Terre et le tumulte des peuples […] Alors les Igigi (Nungal), terrorisés, s’en furent dans les hauteurs et les Anunnaki se précipitèrent au fond de l’abîme ».

Traduction d’un passage du poème d’Erra par Don Moore.

Dans l’article : « la symbolique du chien et du loup dans les mythologies », j’ai parlé du loup Fenrir, un autre animal sanguinaire qui qualifie cet astre destructeur. Tout comme Marduk, il obsurcit les rayons du soleil. Tout comme les dieux dont j’ai parlé plus haut, le loup Fenrir s’enfonce profondémment dans la terre, où il va être enchaîné. Dans cet épisode Fenrir est attaché à un grand rocher. Au Ragnarök, le loup Fenrir attaque le monde des hommes et des dieux. Le passage ci-dessous confirme clairement que Fenrir est un astre perturbateur :

(Völuspá 40-41)
A l’est habite la vieille
Dans la forêt du fer,
Et là elle met au monde
Les enfants de Fenrir.
Parmi eux tous,
L’un deviendra,
Sous la forme d’un monstre,
De l’astre le destructeur.

Il se rassasiera du sang.
Des hommes à la mort voués.
Il rougira de sang pourpre
La demeure des dieux.
Noirs deviendront les rayons du soleil
Tout au long des étés suivants,
Et terribles seront les tempêtes.
En savez-vous davantage, vraiment ?

(Source : DILLMANN F-X., 1991)

Dans la continuité de cette description, le dieu hittite Hahhima (présent dans « le Mythe de la Disparition du soleil ») est un monstre destructeur de vie sur la terre et au ciel. Son apparition a lieu lorsque le soleil se réfugie au fond de la mer (parallèle évident avec Ashtart, l’étoile du soir qui apparaît quand le soleil se couche). Cette période est caractérisée par l’absence de souverrain des dieux. Vénus est tenu responsable d’une période de grand gel qui immobilise les dieux. Le dieu de l’Orage essaie de lutter contre Hahhima mais en vain. Deux combats héroïques les opposeront. Le dieu de l’Orage appelle le dieu du Soleil qui est introuvable. Seul le retour du Soleil à la place du Gel pourra entraîner la disparition de Hahhima et permettre à la vie de renaître à nouveau.

Un autre dieu hittite appelé Illuyanka est également le réprésentant des forces obscures de la nature. Le mythe d’Illuyanka nous présente 2 versions différentes pour expliquer le retour du dieu de l’Orage au pouvoir. Illuyanka est un serpent qui a vaincu le dieu de l’Orage. Il vit sous terre. En sortant des entrailles de la terre, il menace l’ordre établi par le dieu de l’Orage. Ce mythe tend à relativiser le rôle négatif de cet astre pertubateur. En effet le dieu de l’Orage est présenté comme un adversaire impitoyable, et rusé ; à l’opposé Illuyanka est est généreux à l’image du monde sauvage. Dans la première version du mythe, on apprend que le dieu de l’Orage (via le dieu de la tempête) obtient de l’aide de la fille d’Illuyanka Inara, celle-ci a reçu l’aide d’un mortel (Hupasya) par la séduction. Hupasya capture le serpent avec une corde et le dieu de l’Orage le tue. Dans la deuxième version, le dieu de l’orage agit seul. Il retrouvera ses yeux et son cœur grâce au mariage de son fils qui vivait dans la belle famille. Le dieu de l’orage combat une 2ème fois Illuyanka sur la rive de la mer. Le fils du dieu de l’orage s’est rangé du côté du serpent et demande à son père de l’épargner, mais en vain.

« Quand il fut à nouveau valide dans son corps comme auparavant, il alla de nouveau dans la mer pour livrer bataille. Quand il lui livra bataille, et quand il fut sur le point de vaincre le Serpent, le fils du dieu de l’Orage était avec le serpent et appela son père dans le ciel :

« Inclus-moi avec eux ; n’aie pas pitié de moi » aussi le dieu de l’Orage les tua (tous les deux) le serpent et son propre fils. Et ceci le dieu de l’Orage […]. »

(Deuxième version du mythe de Illuyanka, source : DILLMANN F-X., 1991).

La mort de l’astre destructeur est confirmée dans le mythe de Labbu, dont une tablette endommagée de la bibliothèque d’Aššurbanipal donne de précieuses informations. Dans ce mythe, Enlil charge un autre dieu de tuer Labbu. Celui-ci est un monstre dont l’apparence est celle d’un lion et d’un serpent qui est envoyé par le dieu Enlil pour détruire l’humanité. Il vit dans l’eau. Il est le fils de Tiamat et la « progéniture du Fleuve ». Il a pour but de détruire la Terre et l’humanité. Labbu a une queue qui balaye le tiers des étoiles. Ce monstre doit être tué par Tišpak. Celui-ci est chargé de sauver la terre et prendre les rennes du pouvoir. Lorsque Labbu est tué, il est dit que : « Et pendant trois ans, trois mois et un jour […] coula le sang du Labbu.

« Sa longueur était de cinquante milles,
Et de un mille son [épaisseur ( ?)] ;
Sa gueule mesurait six coudées,
[Et sa langue ( ?)], douze coudées.
Sur douze coudées (s’étendait)
Le périmètre de ses oreilles.
A soixante coudées de distance,
Il [attrapait ( ?)] les oiseaux [de sa langue ( ?)].
S’il se mouvait sous neuf coudées d’eau […],
Il pouvait élever sa queue [jusque…]. »

(Mythe de Labbu, source : DILLMANN F-X., 1991).

Au terme de cette investigation initiée à partir du lion, nous redécouvrons encore ici le drame cosmique qui s’est conservé dans bons nombres de mythes à travers le monde. Un astre pertubateur, dont la naissance est causée par le dieu Enlil, est chargé de détruire l’humanité. Sa taille et sa lumière sont responsables de la montée des eaux, en d’autres mots du Déluge. Après cet épisode qui boulversa la surface de la Terre, la vie a repris son cours. Le monde n’est pour autant pas sain et sauf : Vénus réapparaît à proximité de la terre et cause de nouveaux dégâts. La terre est plongée dans l’obscurité et des tempêtes se déchaînent pendant plusieurs étés successifs. Les hommes et les dieux sont immobilisés. Lors du 2ème passage, un serpent a combattu le dieu de l’Orage et l’a mutilé. Il semble être sanctionné par le dieu Él qui le fait précipiter dans les profondeurs du Shéol.  Le dieu du Soleil est chargé d’assurer le règne sur le monde en l’absence du dieu de l’Orage. Ce règne n’est pas éternel et un nouveau passage de Vénus perturbe à nouveau la vie. A son retour, le Soleil disparaît sous l’horizon et le monde est sans souverrain. Le dieu de l’Orage retrouvera sa place du roi du monde après avoir vaincu le lion-serpent lors d’un dernier grand combat cosmique…

Remarque : pour plus d’information concernant ce drame cosmique, vous pouvez vous réferer à l’article « le mythe de Nahusha ». Il donne de précieux détails concernant le résumé de cette conclusion. Les noms sont différents, mais vous verrez très vite que ce mythe est intimement lié à cette histoire.

Naissance de Nergal

Sceau cylindre sumérien représentant Nergal sortant de la butte primodiale. Il est entouré par Ishtar et par Enki, des symboles représentant l'Etoile du matin apportant la chaleur et l'Etoile du soir apportant l'humidité. Source : http://economiedistributive.free.fr/IMG/jpg/1031_sumer.jpg.

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